lundi 31 mai 2010

Message automatique d'absence


Je suis dans le Sud pour quelques jours, et ne pourrai pas réinvestir ma cuisine avant jeudi. 
En cas d'urgence culinaire, tu peux te jeter sur un pot de Nutella ou visiter un de mes blogs préférés.
...
Allez, quelques photos champêtres pour te faire patienter. :-)

jeudi 27 mai 2010

Tronche de (cup)cake


Et la folie s'empara du monde (...enfin, occidental, et surtout de sa moitié féminine). Des articles, des blogs, des boutiques spécialisées, rien n'arrête la progression frénétique des cupcakes ! C'est vrai qu'ils sont kawaï comme tout ces petits gâteaux multicolores et chamarrés, avec des tonnes de trucs rigolos dessus. De plus, les combinaisons sont infinies et on peut les personnaliser à loisir. Mais, au goût, il n'y a rien d'extraordinaire. Certains sont très bons, mais beaucoup misent essentiellement sur le décor, ce qui fait cher le gâteau au yaourt amélioré. 


Alors, pendant longtemps, j'ai regardé ça de loin. Peut-être par esprit de contradiction ("non, non et non, je n'irai pas voir Titanic !!"). Surtout parce que ces gâteaux ne me "parlent" pas. Pas de souvenirs d'enfance, pas de traces dans mes lectures... Mon imaginaire ne parvient pas à les assimiler. D'ailleurs, je trouve l'appellation britannique bien plus jolie : "fairy-cake". Là, tout de suite, ça donne plus envie, non ? Le rêve, le voyage, la féérie... un gâteau de conte de fées, et pas de rebord de tasse à café...

Finalement, j'ai tenté aussi. Une version très dépouillée. Parce que j'avais Tofu Soyeux qui s'ennuyait ferme dans le frigo. Ici, il va remplacer le beurre.
Et des envies de chocolat.



Cupcakes choco-sésame


Pour une dizaine de petits gâteaux
1 œuf
70 g de farine
70 g de sucre
75 g de tofu soyeux
1/2 sachet de levure chimique
1 cs de gomasio
    Pour le glaçage au chocolat
100 g de chocolat noir
1 grosse noisette de beurre
1 cs de lait (d'avoine dans mon cas, mais le lait de vache fait très bien l'affaire)
du sésame blond



Préchauffer le four à 180°C.
Battre le blanc d'œuf en neige et mettre le jaune de côté. Tamiser la farine. Battre au fouet le sucre, le jaune d'œuf et le tofu. Incorporer délicatement le blanc en neige au mélange sucre + jaune d'œuf + tofu.
Mélanger la farine avec la levure chimique et le gomasio. Incorporer ce mélange rapidement au précédent.
Remplir à moitié des moules à muffins.
Faire cuire pendant 15 min.


Pour la décoration, faire fondre le chocolat au micro-ondes. Ajouter le beurre et délayer avec le lait. Décorer les cupcakes à l'aide d'une cuillère à soupe (je suis très réfractaire à la poche à douille...). Parsemer de graines de sésame. Le chocolat va durcir en refroidissant.

lundi 24 mai 2010

Nutel'like


Drôle de journée : lundi matin, 9h bien tapées, en plein Paris... des gens pressés, des bouchons, des klaxons, et moi qui râle parce que je suis encore, déjà, toujours en retard. Mais...mais... y'a comme un problème. C'est bien ma rue, mes arbres... où sont les voitures, les gens, le bruit ??? Pourtant, c'est sûr, c'est lundi, j'ai vu William Leymergie ce matin ! C'est donc vrai, nous sommes peu nombreux à travailler en ce lundi de Pentecôte qui-n'est-plus-férié-mais-que-quand-même-on-ne-va-pas-au-travail. Un jour "holiday-like" en somme. Finalement, ce n'est pas si désagréable d'aller au bureau dans ces conditions. J'en oublie de remarquer que je suis passablement en retard. Et de profiter pour une fois de l'intégralité de mon trajet ratp'ien assise. Pas de phase "sardines bien tassées" aujourd'hui. Ahhhh...! :-)

Cerise rougissime sur le gâteau : déjeuner en terrasse, au soleil (pas mon ami, mais trop en manque pour rester raisonnable). J'adore ce genre de journées, où même si on aurait aimé rester glandouiller chez soi, ou lézarder au soleil, on n'est pas si mal que ça au boulot. Finalement. Parce qu'on a plus de temps pour les autres, on peut suivre son propre rythme. Et mettre à profit les longues heures passées devant l'écran du PC. Pour écrire, lire, rechercher, réfléchir... rêver.
En écoutant Jamie Cullum. Une voix agréable, un bon rythme positif mais sans trop (faudrait pas faire du zèle non plus), c'est l'idéal pour aujourd'hui.

Et tiens, ça me donne envie de te/me faire un petit plaisir, avec une recette toute douce. Quelque chose de gai, de simple, de sautillant (non, non, non, je ne t'expliquerai pas comment un gâteau peut être sautillant !). D'enfantin presque. Reproduire le plaisir que l'on peut avoir à tremper la cuillère (ou le doigt, soyons honnête) dans un pot de Nutella. Le réconfort immédiat, la satisfaction quand la noisette et le chocolat se révèlent en bouche.
Des muffins au Nutella.
Sauf que... 1) je n'aime pas faire les choses comme tout le monde; 2) les gâteaux intégrant du Nutella dans leur composition n'ont que faiblement le goût de la pâte sus-mentionnée. Donc...je suis partie des ingrédients : du chocolat, de la noisette, un peu de sucre pour reconstituer le goût et la texture. Tu sais, quand le Nutella s'attarde un peu sur la cuillère et les dents, ça aussi, ça fait partie du plaisir. 
Et le Nutella s'est matérialisé devant moi ! 


Muffins goût Nutella


Pour 8 petits muffins
50 g de chocolat noir
50 g de chocolat au lait
75 g de purée de noisettes
75 g de sucre roux
2 œufs

Préchauffer le four à 180°C. Faire fondre les chocolats au micro-ondes. Ajouter la purée de noisettes et bien mélanger. Ajouter le sucre, puis les œufs un par un. 
Verser dans de petits moules et cuire environ 8 minutes.

Si possible, attendre le lendemain pour déguster car ils sont alors bien plus moelleux.


vendredi 21 mai 2010

Comme un air de sushi



Pour bien finir la semaine, et parce que "youpi, c'est vendredi !!", une petite idée en passant.
Petite aussi la taille du billet, histoire de faire un équilibre avec le long-issime billet du 19 mai. 
L'idée n'est pas de moi au départ : elle vient de . J'ai tout de suite été convaincue par cette recette de boulettes de riz. Vraiment toute simple et séduisante quand, comme moi, on adore le riz sushi (vinaigré) et la sauce soja. Mais toutes seules, comme ça, ça m'a paru un peu triste. Alors, j'ai juste diminué leur taille (plus proche de la tomate cerise), et j'ai agrémenté de légumes, d'omelette et de sauces diverses pour obtenir des tapas japonais.
J'ai fait basique pour un premier essai, mais on peut varier les plaisirs à l'infini.
Tes suggestions sont plus que bienvenues. :-)


Tapas japonais


Pour 2 personnes (affamées) ou 4
150 g de riz cru
3 œufs
1 concombre
1 cs de mirin 
tomates cerises 
sauce soja
pâte de gingembre

Cuire le riz à la japonaise.
Mouiller ses mains à l'eau froide (sinon, le riz colle très vite) et prélever une petite cuillère de riz cuit. Façonner de petites boulettes, et les poser sur une plaque de cuisson. Attention, le riz va coller en cuisant. Donc, il faut soit utiliser une feuille de cuisson en silicone, soit ne pas hésiter à huiler une feuille de papier sulfurisé. Continuer jusqu'à épuisement du riz.
Passer les boulettes sous le grill bien chaud, 3 minutes de chaque côté. Badigeonner de sauce soja avec un pinceau sur les deux faces. Griller à nouveau 2-3 minutes de chaque côté.
Préparer l'omelette en cassant les œufs. Ajouter le mirin et battre rapidement. Verser dans une poêle bien chaude et ajouter 4 cs d'eau. Remuer sans arrêt les œufs pendant la cuisson. Quand ils sont encore un peu baveux, transvaser dans un plat rectangulaire (ou carré), ou même mieux, un moule à œufs. il faut que les œufs prennent la forme d'un parallélépipède afin de pouvoir découper l'omelette en cubes. Laisser refroidir au réfrigérateur (ou au congélo si on est très pressé).
Laver et peler le concombre. Enlever les graines et découper en cubes.
Laver les tomates cerises.

 
Présenter tous les ingrédients (boulettes de riz, concombre, tomates cerises, omelette en cubes) dans des coupelles et proposer différentes sauces.
Pour cet essai, j'ai opté pour du wasabi, de la sauce soja et de la pâte de gingembre. A l'origine, je voulais du gingembre mariné mais je n'ai pas trouvé mon bonheur. Je suis tombée sur cette pâte de gingembre qui est très convaincante et finalement plus pratique pour une dégustation à la mode "tapas".



jeudi 20 mai 2010

Pour bien se comprendre


Quelques indications sur les ingrédients récurrents, les cuissons de bases...


AGAR-AGAR

L'agar-agar est un gélifiant naturel obtenu à parti d'algues rouges. Il est utilisé comme alternative à la gélatine d'origine animale.  On en trouve facilement dans les magasins bio.

DASHI

Le dashi est un bouillon omniprésent dans la cuisine japonaise, élaboré avec de l'algue konbu et de la bonite séchée. Il est notamment utilisé dans la soupe Miso.

GOMASIO

Le gomasio est un mélange de sel de mer broyé et de sésame grillé.

KATSUDON

Le katsudon est un plat qui consiste en un bol de riz surmonté de tonkatsu, c'est-à-dire d'une tranche de porc pannée puis cuite avec un œuf battu.
"Katsudon" est un mélange de tonkatsu (porc panné) et donburi (nom du grand bol traditionnellement utilisé pour servir ce plat).
Plusieurs plats reprennent ce principe : bol de riz + ingrédients déposés dessus. On les reconnaît grâce à leur nom qui finit toujours par "DON", abréviation de donburi (oyakodon, tanindon...)

MIRIN

Le mirin est une sorte de saké très doux utilisé comme assaisonnement en cuisine japonaise. C'est un liquide jaunâtre pâle à ambré, sirupeux et assez sucré, à degré alcoolique généralement inférieur au saké (11-18°). Il est fabriqué avec du riz gluant cuit, fermenté et additionné d'eau de vie.

MISO

Le miso est une pâte fermentée, à haute teneur en protéines, de goût très prononcé et très salé. Il est composé de grains de soja, de riz ou d'orge, de sel marin, d'eau et de ferments. Il se conserve trèèèèèès longtemps au réfrigérateur.

RIZ A LA JAPONAISE
 
Utiliser du riz japonais, ou bien du riz rond.
Laver le riz plusieurs fois à l'eau froide, jusqu'à ce que l'eau soit limpide. 
Le mettre dans une casserole assez grande et ajouter de l'eau. Un "truc" (merci Sabine) pour mettre juste ce qu'il faut : une fois le riz étalé au fond de la casserole, poser sa main à plat dessus, avec la paume du côté du riz, et la couvrir d'eau. Grosso modo, cela correspond à 1,5-2 cm d'eau froide au-dessus du riz.
Couvrir la casserole et porter à ébullition. Baisser le feu au minimum et faire cuire 15 minutes.
Passé ce temps, retirer du feu et laisser encore à couvert 10 minutes.

Viens ensuite l'étape du vinaigre de riz.
Généralement, il faut chauffer le vinaigre de riz et le mélanger à du sucre (1 cs de sucre pour 2 cs de vinaigre). Mais on peut trouver du vinaigre déjà sucré dans les épiceries asiatiques.
Transvaser le riz dans un grand saladier. Le laisser un peu refroidir (dans l'idéal, il faut le rafraîchir avec un éventail). Ajouter progressivement du vinaigre de riz. Environ 1 cs pour 100 g de riz. Mélanger délicatement à l’aide d’une cuillère en bois, en faisant attention de ne pas écraser les grains. Le dosage du vinaigre est surtout une affaire de goût. Il faut cependant bien veiller à ne pas trop "noyer" son riz car il devient alors gluant.
Le laisser à température ambiante.

SAUCE SOJA

La sauce soja (shôyu) est fabriquée à partir d'un mélange de graines de soja fermentées, de céréales torréfiées, d'eau et de sel marin. Elle a une saveur prononcée et très salée.

TOFU

Le tofu est une pâte blanche, peu odorante, dérivée de la fève de soja. Il est produit à partir du lait de soja que l'on fait cailler, puis que l'on presse afin de retirer l'eau. Il existe sous de nombreuses formes (séché, fumé, frais, aux herbes...).

WAKAME

Le wakamé est une algue, que l'on trouve souvent sous forme déshydratée.

WASABI

Le wasabi est une pâte verte issue de la racine du même nom. Très proche du raifort.

mercredi 19 mai 2010

Le Katsudon de Kitchen


Cela fait plusieurs jours que je travaille sur ce billet. Je ne suis jamais satisfaite du résultat. C'est un exercice nouveau que de présenter un livre qui m'a touchée. Je me balance entre le trop pontifiant, le terre à terre et les grandes envolées lyriques. Plus que le livre en lui-même, l'histoire, c'est l'émotion suscitée que j'aimerais partager. Un billet rempli de subjectivité. L'important, c'est de te donner envie d'ouvrir le livre, pas de te raconter l'histoire de A à Z (et d'ailleurs, tu n'aurais plus de raison de le lire, non ?). Il me faut cependant poser un peu le cadre pour que tu comprennes d'où sort cette recette.

Et il s'agit là d'une première chose importante, « éditorialement » parlant. Le but n'est pas de présenter le premier plat qui passe dans un roman, mais bien un élément culinaire qui me semble avoir un vrai rôle dans le récit.

Il est difficile de parler de Kitchen, de rendre fidèlement son atmosphère. Évidemment, on peut résumer l’histoire : une jeune femme, Mikage, doit affronter le deuil de sa grand-mère, avec qui elle vivait depuis le décès prématuré de ses parents. Elle est accueillie par une famille hors-normes (Yûichi et sa mère Eriko) et trouve réconfort et salut dans la cuisine.
Tout cela est finalement facile à résumer mais ne dit rien, ou presque, du livre. Le style est léger : on a l’impression que les personnages éprouvent surtout la surface des choses, et nous tiennent un peu à l’écart. Et pourtant, on partage leurs peines, leurs angoisses, leurs élans vitaux aussi. Plus qu’une longue introspection, les sentiments passent via quelques mots, une image bien trouvée, voire même le recours au paranormal pour le dernier récit.

Il s’agit de deuil, le récit est donc plutôt triste, lourd. Mais cela n’exclut pas les moments de réjouissance. Au contraire. Et c'est ce point-là que je retiens le plus : des évènements difficiles nous arriveront, forcément, quoi que l'on fasse, qu'elles que soient les précautions que l'on puisse prendre. Cela ne signifie pas que nous devrons nous arrêter de vivre. Il ne faut pas oublier, nier la réalité, mais prendre le temps du deuil et avancer. Plus riches de ce que nous aurons partagé avec les disparus.

L’amour aussi est présent, entre les deux héros. Amour qui ne dit pas son nom, qui hésite très longtemps à se montrer. Chacun des deux protagonistes doit faire face à un deuil, ce qui devrait les rapprocher. Mais non. La douleur et la timidité les emprisonnent. C’est finalement un plaisir partagé qui va les réunir. Et l’on en arrive au Katsudon.

Petit résumé de ce qu’il s’est passé juste avant...
Yûichi vient de perdre sa mère. Il est parti seul pour éprouver son deuil. Mikage est en voyage pour son travail. Un soir, affamée, elle se retrouve dans un petit restaurant traditionnel. À la vue d'un téléphone, elle appelle Yûichi. Lui aussi, il est affamé. Elle pense alors qu'il est trop loin, physiquement et symboliquement parlant, pour qu'il puisse se passer quoi que ce soit entre eux. Elle accepte de renoncer à lui. Arrive le katsudon. Et là, c'est un choc. Elle le trouve sublime et ressent l'envie de le partager avec Yûichi, afin qu'il appaise sa faim, et partage ce plaisir avec elle. Alors, elle part, traverse la moitié du pays avec un katsudon sous le bras et retrouve Yûichi. C'est autour de ce plaisir commun, et du constat qu'un lien très fort existe entre eux, que va naître leur histoire, qu'ils vont cesser de (se) fuir. Et sortir de leur tristesse pour commencer à vivre.

Yûichi a ri lui aussi, puis il a raccroché.
Soudain, une terrible lassitude m'a envahie. Après avoir posé le combiné, je suis restée un bon moment à regarder d'un œil fixe la porte vitrée du restaurant, en écoutant vaguement les bruits du dehors, [...]. Aujourd'hui encore, la nuit venait, la nuit allait passer pour tout le monde. Et je sentais que cette fois, j'allais vraiment toucher le fond de la solitude, là où personne ne peut vous rejoindre.
On ne succombe pas aux circonstances ou aux forces extérieures, c'est de l'intérieur de soi que vient la défaite, me suis-je dit en moi-même. Sensation d'impuissance : j'assistais à la fin de quelque chose que je ne voulais pas voir finir, et pourtant je n'arrivais même pas à m'affoler ou à éprouver de la tristesse. Tout n'était que morne et sombre.
Je voulais qu'on me laisse le temps de réfléchir, dans un endroit plus clair, plein de lumière et de fleurs. Mais à ce moment-là il serait sans doute trop tard.
Bientôt, on m'a servi mon katsudon.
Reprenant mes esprits, j'ai saisi mes baguettes.
"Ventre affamé", me suis-je dit. Le plat avait l'air étonnamment bon, mais au goût, c'était encore mieux que ça. C'était littéralement exquis.
"C'est délicieux ! ne suis-je exclamée spontanément.
- N'est-ce pas !" a dit le patron en souriant fièrement.
J'avais beau mourir de faim, la cuisine, c'est quand même mon métier. Ce katsudon, c'était du grand art, c'était presque une rencontre ! La qualité de la viande, le goût du bouillon, le degré de cuisson des œufs et des oignons, la consistance du riz, tout était parfait ! [...] Ah ! Si seulement Yûichi était là ! A cette pensée, une phrase m'a échappé : "Vous faites aussi des plats à emporter ? Vous pouvez me préparer une portion ?" [pp. 115-117]

Ce plat est, pour moi, central dans l’histoire car il déverrouille quelque chose. En sortant de son malheur, en osant aller de l’avant en suivant ses émotions, Mikage fait le choix de la vie. Ce plat permet également aux deux héros de communiquer, de se dire tout leur attachement en s’abstrayant de la barrière du langage.
Au-delà de ce plat, la cuisine au sens large du terme est centrale à double titre : il s’agit de la seule pièce où Mikage se sente bien, à l’abri, apaisée ; et c’est par la cuisine qu’elle dépasse ses deuils et trouve l’amour.

Alors, non, ne rêvons pas trop. Un bon steak-frites ne va pas résoudre tous nos problèmes comme par magie. Mikage était « prête » pour prendre cette décision. Elle s’était dépouillée de ses illusions en renonçant à Yûichi peu avant. Et, parallèlement, elle était suffisamment forte pour oser prendre ce risque (courir vers quelqu’un dont on n’est pas certain qu’il nous attende). Grâce à la cuisine. Elle avait un monde à elle, un abri où elle existait déjà pour elle-même. Et pas uniquement au travers des yeux de l’autre. Yûichi aussi en un sens. Deux individualités cabossées mais fortes, qui n’attendent pas tout de l’autre, mais savent que sa présence ne pourra qu’être un plus pour eux.

...quel bonheur [...] dans la cuisine.
Je n'avais peur de rien, ni de me brûler, ni de ma couper, même les nuits blanches ne m'étaient pas pénibles... Chaque jour, je tremblais de joie à l'idée que le lendemain allait venir, me permettant de relever de nouveaux défis. Dans la tarte aux carottes dont je connaissais la recette par cœur s'étaient glissés des éclats de mon âme, [...].
J'avais goûté ainsi les vrais plaisirs, et je ne pouvais plus revenir en arrière.
Je voulais toujours garder présente en moi l'idée que j'allais mourir un jour. Sinon, comment avoir la sensation d'être vivante ? Voilà pourquoi ma vie avait pris cette tournure.
Dans l'obscurité, on chemine d'un pas incertain au bord d'un précipice, avant de déboucher enfin sur une route, avec un soupir de soulagement. Exténué, on lève la tête : le clair de lune est d'une beauté qui pénètre le cœur. Cette beauté-là, je la connaissais. [pp. 75-76]



Katsudon


Pour 2 personnes
2 échines de porc
1 œuf
farine
chapelure
huile

ingrédients pour la sauce
1 oignon nouveau
4 cs de mirin
2 cs de saké
8 cs de dashi (soit 2 g de dashi en poudre délayé dans 8 cs d'eau tiède)
2 cs de sauce soja
2 cs de sucre
2 œufs


Désosser la viande et l'attendrir (en tapant dessus avec un couteau à plat). La passer dans la farine, dans l'œuf battu avec une cs d'eau froide, puis dans la chapelure.
Poser dans l'huile chaude. Retourner. La cuisson est terminée quand les bulles deviennent petites.
Émincer l'oignon. Dans une casserole sur feux doux, faire cuire l'ensemble des ingrédients pour la sauce, sans les œufs. Quand l'oignon est cuit, placer le porc coupé en lamelles dans la sauce et verser les œufs battus. Retirer du feu et couvrir 2 minutes.
Déposer sur du riz. Déguster.

C'est tout simple, et drôlement bon. Et meilleur avec un caniche !

dimanche 16 mai 2010

Sucrer les fraises



Aujourd'hui, l'inspiration fait sa timide. Cela fait même quelques jours qu'elle se planque sous la couverture. Peut-on lui en vouloir ? Le temps gris, cette impression de Toussaint plus que d'Ascension... je suis la première à la rejoindre sur cette envie de faire la grève du zèle en signe de réprobation. Mais, pour citer un de nos grands leaders (pour être honnête, je ne sais plus lequel, et Google me lâche éhontément sur ce coup-là) "une bonne grève est celle que l'on sait finir". Donc, retour derrière le clavier, et tant pis si tu ne me trouves pas à la hauteur. Ce qui t'intéresse le plus finalement ce sont les recettes, non ? ça tombe bien, cette partie de mon activité cérébrale tourne toujours à bloc, j'ai donc de quoi te rassasier avec plusieurs billets d'avance.
Pour la peine, je te livre deux idées ce soir, deux douceurs à la gloire de la fraise.

Des tartelettes aux fraises d'abord, ou comment l'esprit humain est guidé par le marketing. En effet, tout est parti de la lecture dans mon magazine préféré d'un petit article sur la purée de pistaches. Je commence à intégrer des purées végétales dans mes pâtisseries, à la place du beurre (au moins en partie). Là, j'ai tout de suite eu envie de faire des tartelettes pistaches-fraises, avec une pâte à base de purée de pistaches donc. Mais, impossible d'en trouver. La purée d'amandes blanches a heureusement bien tenu son rôle de challenger et le résultat est plus que bon. Et... Tofu Soyeux est encore dans le coup ! Défi du jour : remplacer l'œuf que je n'ai pas.

Des Pim's à la fraise ensuite. Pour cette fabuleuse idée, il faut louer Jun Kee. Je n'ai rien changé à sa recette. Elle garantit de se régaler de petites bouchées tendres et chocolatées. Mais il ne faut pas être trop regardant sur la tête des bidules. Pour le coup, aucun doute : c'est bien moi qui les ai fait ! Du "home-made" pur et dur. Il ne faut vraiment pas sucrer les fraises pour parvenir à un nappage correct.... Ah mais oui, c'est vrai, j'oublie tout le temps : je ne cuisine pas pour la photo mais pour manger, pour donner du plaisir ! 


Tartelettes aux fraises


Pour 6 tartelettes
500 g de fraises
75 g de farine de blé
75 g de farine de riz
60 g de tofu soyeux pour la pâte + 100 g pour garnir les tartelettes
50 g de sucre roux
40 g de beurre
40 g de purée d'amandes blanches
3 cs de confiture de fraises
2 cc d'agar-agar
 
Dans un bol, mettre le beurre, la purée d'amandes, le sucre, une pincée de sel et le tofu. Pétrir du bout des doigts jusqu'à obtention d'un mélange homogène. Ajouter les farine et pétrir encore pour former une boule. Emballer dans du film étirable et mettre au moins une heure au frais.

Préchauffer le four à 180°C. Beurrer et fariner 6 moules à tartelettes. Sur le plan de travail fariné, étaler la pâte, la découper en 6 disques un peu plus grands que le diamètre des moules. (ça, c'est la version belle, "pro". Perso, j'étale un peu la pâte entre mes paumes puis directement dans les moules. Moins beau, mais tout aussi efficace). Piquer de quelques coups de fourchette. Couvrir de papier sulfurisé, recouvrir de billes spéciales cuisson à blanc (ou de haricots secs) et enfourner pour environ 15 minutes de cuisson. Au bout de 8 minutes, retirer les billes et le papier sulfurisé pour que la pâte colore.

Laver et équeuter les fraises.
Faire chauffer la confiture de fraises à feu doux et incorporer l'agar-agar. Bien remuer.
Fouetter le tofu soyeux et incorporer la confiture. Etaler sur les fonds de pâte. Garnir de fraises coupées selon ses goûts.
Mettre au frais au moins une heure afin que la "crème" de tofu prenne un peu. 
Avant de servir, pour plus de brillance, passer du sirop d'agave avec un pinceau sur les fraises.


Pim's aux fraises


Pour 16 biscuits
100 g de chocolat noir à 70%
1 œuf
20 g de sucre
25 g de maïzena
1 pincée de bicarbonate
1 pincée de sel
10 belles cc de confiture ou de gelée au choix
2 cc d'agar-agar

Préchauffer le four à 160°C. Battre le jaune d'œuf avec le sucre jusqu'à ce que ça blanchisse. Ajouter la maïzena et le bicarbonate, rebattre quelques secondes afin d'homogénéiser le tout. Battre le blanc en neige ferme avec la pincée de sel et l'incorporer en deux temps à la préparation précédente : 1/3 du  blanc pour l'assouplir (on l'incorpore vivement) et 2/3 délicatement. Verser une cuillère à café de cette préparation dans des moules à mini tartelettes et enfourner à 160°C pendant 15 minutes. Laisser refroidir sur une grille.

Dans une casserole, faire chauffer la confiture et ajouter l'agar-agar. Bien remélanger et verser dans les 16 moules à mini-tartelettes préalablement utilisés pour la base biscuitée. Laisser prendre quelques minutes au congélateur. Une fois bien pris, retourner les moules sur les biscuits, décoller les pastilles de confiture/gelée et les poser sur les gâteaux.

Faire fondre le chocolat noir cassé en morceaux au micro-ondes. Bien lisser, laisser tiédir. A l'aide d'une petite cuillère, napper les biscuits confiturés en lissant du mieux possible le dessus et les contours. Laisser le chocolat refroidir et sécher.



Et promis, très très vite une petite note sur l'agar-agar, le tofu soyeux...

mardi 11 mai 2010

Erratum


Très bonne surprise en rentrant ce soir : mon Elle à Table est arrivé ! Et là, tout de suite, une grande honte m'envahit. J'ai oublié de citer EAT dans mes indispensables. (au passage, tu remarqueras le superbe acronyme... l'ont fait exprès, c'est pas possible autrement, non? ) Or, cela fait bien 6 ans que je suis abonnée, et inspirée par ce magazine. Tout y est : les basiques, les innovations, les simplicissimes, les sommets de raffinement, le français, le japonais, l'italien... bref, plus que l'indispensable, le fondamental. 

 



Alors, pour me rattraper, je te propose une petite revue de coups de cœur du dernier numéro.






Chocolat brut de décoffrage, plus que bon pour la santé... et pas trop mauvais pour les hanches : Rrraw. Note le côté sauvage du nom ! :-p

Après la purée d'amande, la purée de noisettes, voici la purée de pistaches. Sera testée sûrement très vite dans un petit cookie ou une salade.

Un plat à tarte à la fois rétro, kitsch, bobo et hyper tendance, que demander de plus ! ... ah si, de se le faire offrir. :-))

C'est la saison des fraises, et apparemment toutes les bonnes maisons s'y collent. Un encouragement au safari gourmand à travers Paris pour comparer toutes ces tartes aux fraises, toutes plus roses les unes que les autres.
Tiens, ça me donne une idée : une bonne tarte aux fraises maison sur un fond à la purée de pistache. A tenter.

Et, last but not least, une bonne, que dis-je, une réjouissante nouvelle : Meert ouvre une succursale à Paris. Meert, c'est le pape de la gaufre lilloise. Un concentré de sucre, de beurre et de vanille auquel on ne peut résister. C'est régressif et réconfortant, à vous faire monter les larmes tellement c'est bon et accueillant. 

dimanche 9 mai 2010

Ça se fête !


Je n'avais pas vraiment prévu de faire de post aujourd'hui (enfin, hier) mais ça y est, ça marche !! Oh joie, oh béatitude ! La lutte fut âpre, pleine de rebondissements, de moments de doutes, de fausses joies. Et enfin, alors que je n'y croyais plus, à près d'1h30 du matin, je l'ai eu ! Non mais, c'est qui la chef ?!?
"Mais de quoi elle parle ???" C'est sûr, tu dois te poser cette question. Comme je suis une chouillette perfectionniste et un brin monomaniaque, il s'agit toujours de mon problème (qui n'en est plus un, je te le rappelle) de mini-lecteur de musique. Il est enfin tout beau et tout opérationnel. De quoi avoir une expérience to-ta-le.
Enjoy !

Alors, pour fêter ça, je te livre la petite recette de la nuit. Et moi, j'en grignote un au passage. :-))



Muffins citron-cranberries


Pour 9 petits muffins
125 g de farine
100 g de tofu soyeux (ou un yaourt)
75 g de sucre roux
30 g de cranberries séchées
1 citron non-traité
1 œuf
1 cc de levure
1 pincée de sel
1 cs de vodka

Préchauffer le four à 200°C. Râper le zeste du citron. Peler le citron à vif. Couper les quartiers en dés et retirer les pépins. Faire macérer les cranberries avec le citron et une cuillère à soupe de vodka.
Mélanger la farine, la levure et le sel. Verser l'œuf et le sucre dans un récipient. Mélanger.
Ajouter le tofu (ou le yaourt). Ajouter la farine petit à petit. Puis le zeste de citron, les dés de citron, les cranberries et la vodka.
Beurrer des moules à muffins (ou utiliser des moules en silicone) et verser la pâte à mi-hauteur.
Placer dans le four pendant 20 minutes.

De petites douceurs à dévorer sans remords (ben oui, y'a pas de beurre !!).

vendredi 7 mai 2010

Do you speak HTML ?



Ce blog est censé être un blog de cuisine, avec un soupçon de livres pour faire joli sur le dessus. Or, je viens de passer des heures et des heures à essayer d'insérer un mini-lecteur de musique qui me plaise et qui soit aussi à la bonne taille. Soit à m'évertuer à parler HTML couramment. Mais où est donc ma chère cuisine ?? En plus, je ne suis pas réellement satisfaite par le résultat. 
Et toi, blog-reader, qu'en penses-tu ? Est-ce que tu trouves ça "sexy" ? Assez "user-friendly" ?
...
Omagad, omagad, omagad... la logorrhée professionnelle me rattrape!
Du coup, pour équilibrer les choses, je vais te parler de livre ET de cuisine (2 pour le prix d'1, sympa ce blog) en faisant un peu de teasing. J'ai dans l'idée de présenter des recettes tirées de romans, ou inspirées par leur lecture. Et le premier à venir sera Kitchen de Banana Yoshimoto. 
D'ailleurs, ça me fait penser qu'il faudra aussi que je prévois de parler plus longuement du Japon. De ces sushis qui m'intéressent si peu finalement...
Kitchen donc. Un roman où se mêlent deuil, amour, passage à l'âge adulte. Et la cuisine, forcément. A la fois en tant que lieu et activité. Comme un moyen de se réchauffer le cœur et de se raccrocher à la vie.

jeudi 6 mai 2010

Mes indispensables


Plus que de simples bons livres... 
Ceux avec plein de tâches à l'intérieur !

Ma petit cuisine japonaise


Ou comment marier les influences et démultiplier les plaisirs.
Risotto

Très bonne base, avec des recettes variées et joliment photographiées.
Les petits légumes


Recettes basiques et innovantes autour des légumes.
Sushis et compagnie

Les grands classiques de la cuisine japonaise.
Surtout pour l'oyakodon et le tofu frit.
La cuillère d'argent

Je l'ai acheté tout récemment, je n'ai pas encore eu le temps d'explorer les centaines de recettes. Mais très prometteur.

mercredi 5 mai 2010

Day 1



Est-ce que Muse va m'inspirer ? J'en aurais bien besoin. Comme souvent, j'écoute Muse. Dans le train. Et j'essaie de trouver quelque chose d'intéressant, de lumineux, de fin...bref, de sublime (soyons fous) pour attaquer ce blog. Et t'accrocher, toi, lecteur à la fois virtuel et bien vivant. Tu es bien là, dis ??
Peut-être commencer par le pourquoi du comment, mais je n'ai pas envie de verser d'emblée dans le narcissisme outrancier. Ce blog va regorger de moi, c'est déjà bien assez.


A l'heure où j'écris je ne sais pas encore par quelle recette ouvrir le bal. Sûrement quelque chose de plus ou moins japonais. "Oh non, encore des sushis!!!..." J'entends déjà ces cris d'exaspération. Mais non, pas que. Voir même quasiment pas du tout.
J'ai commencé par là, mais depuis, j'explore tous les aspects de la cuisine japonaise et surtout, SURTOUT, j'hybride. Je tente des mélanges, des associations, des intrusions.
J'ose. Et c'est bien ça le problème diront certains ! C'est vrai, mea culpa, la réussite n'est pas toujours au bout du chemin. Mais la motivation de base est toujours la même : apporter du réconfort, un peu de surprise, de distraction et de chaleur aux autres.


Dans ce blog, il y aura donc tout ce qui me réconforte et me nourrit.
Ce qui veut dire que la cuisine va devoir laisser un peu d'espace aux livres, à la musique et à 2-3 autres petites choses qui voudront bien passer par là.

...et pendant ce temps, la 1ère recette a montré le bout de son nez. Youpi ! :-)

Un risotto un peu japonais sur les bords, réalisé avec les fonds de congélo, comme souvent : reste de poisson carré et quelques cuillerées d'échalotes déjà émincées. Le reste (riz, dashi...), c'est mon stock de base, inaltérable et indispensable.
Le risotto a ça de bien qu'il s'adapte facilement à toutes sortes d'inspirations. Et je ne m'en prive pas !



Riso-nippo




Pour 2 personnes
300 g de riz

75 cl de bouillon dashi
400 g de poisson blanc

wakamé
2 cs de yaourt au soja

2 cs d'échalotes
huile




Préparer le bouillon dashi en délayant 1 sachet de dashi tout prêt (on peut le faire soi-même, mais ces petits sachets sont bien pratiques quand on a très faim ; les sachets que j'utilise font 10 g) dans 75 cl d'eau. Laisser sur le feu car le bouillon doit être incorporé chaud au riz.

Faire chauffer un peu d'huile dans une sauteuse à fond plat. Ajouter les échalotes émincées. Ne pas trop faire colorer.
Sur feu vif, ajouter le riz et remuer pendant environ 2 minutes, jusqu'à ce qu'il soit transparent. Baisser ensuite le feu et commencer à mouiller le riz avec le dashi, louche après louche. Il faut bien attendre que tout le bouillon ait été bu entre deux.

Quand il ne reste plus qu'un tiers de bouillon, ajouter le poisson coupé en cube et 3-4 pincées (suivant son goût) de wakamé. Continuer jusqu'à épuisement du dashi.

Hors du feu, ajouter les 2 cuillères à soupe de yaourt au soja. Remuer rapidement et laisser reposer 2 minutes à couvert avant de servir.


Voilà un risotto crémeux au bon goût du large. Et une hybridation réussie, une !


Le dashi est un bouillon omniprésent dans la cuisine japonaise, élaboré avec de l'algue konbu et de la bonite séchée. Il est notamment utilisé dans la soupe Miso.

Le wakamé est une algue, que l'on trouve souvent sous forme déshydratée.
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