samedi 30 octobre 2010

En t'attendant


Je n'avais pas prévu d'écrire sur toi. Ni aujourd'hui, ni jamais. Parce que tu fais partie de ce que j'ai de plus intime, de plus cher, de plus indicible. Mon blog, c'est moi (on a les Mme Bovary qu'on peut !), mais je ne me livre pas entièrement, seulement de manière très détournée.

Et puis, parler de toi, c'est être irraisonnée, inconsciente, être dans le rêve et non dans la réalité de ma vie actuelle. Alors, le plus souvent je détourne le regard de ta petite figure, je me raccroche à ma raison, à mon égocentrisme d'enfant unique, à mon individualisme farouche. Je joue à celle qui ne sait pas que tu existes alors que nombre de mes amies t'ont déjà rencontré.

Malgré tout mon déni, tu t'accroches. Tu t'acharnes à faire surface au moment où je m'y attends le moins. Quand le pont-levis n'est pas relevé. Et là, shlack ! Tu vises juste, sans hésitation. Une touche de maître, tout à la fois dans le cœur et les entrailles. C'est alors toi qui te détournes, me laissant hébétée, le souffle coupé. Submergée par une peine incompréhensible et d'origine inconnue.
...
Je ne suis alors que vide et ténèbres.
...
Je ne te connais pas et pourtant tu me manques. L'ombre de ton absence me talonne depuis des années. Je ne parviens jamais à te saisir. Ce qui est sans doute mieux dira mon moi rationnel. Mais la raison est toujours une mauvaise consolante. 
Je reste donc seule avec mon costume de femme forte.

Je ne t'attends pas pour être, comme de nombreuses femmes (attention, je ne critique pas, je constate, c'est tout). Je suis déjà entière sans rien à prouver quant à la qualité de ma nature. 
Mais mon cœur et mon corps te réclament. Toi, l'idéal imparfait, l'amoureux tyrannique.
Pour quelles raisons ? Je ne parviens pas à me l'expliquer. Les lois de l'espèce, la force de la socialisation, l'envie toute bête d'aimer et de transmettre. Ou encore l'incarnation objective d'une rencontre très forte, de deux êtres qui veulent plus.

Je redoute ton arrivée. J'en ai même une peur panique. Pourtant, quel apaisement j'ai pu ressentir les rares fois où j'ai cru que tu t'étais finalement installé. Bien au chaud. Et que nous allions enfin pouvoir faire connaissance.
Hier était une de ces occasions.

Ce matin, la 2nde barrette rose n'est pas apparue...




Petite recette toute douce pour toi, et tes semblables (quel que soit leur "véritable" âge).


Bonhommes aux amandes





Pour une douzaine de bonhommes


200 g de farine
100 g de sucre complet
70 ml de l'ait d'amandes
30 g de purée d'amandes
2 œufs
2 poignées d'amandes hachées
le zeste d'un demi-citron non traité
1 sachet de poudre à lever


Préchauffer le four à 180°C.
Mélanger le lait, la purée d'amandes et le sucre. Ajouter les amandes, les zestes puis les œufs.
Et enfin la farine et la poudre à lever.
Remplir les moules au 2/3 (attention, les petits bonhommes prennent vite du bide!).
Cuire entre 15 et 20 minutes.


La prochaine fois, je prendrai le temps de les décorer. Je n'ai pas pu aujourd'hui, ils  se sont tous jetés comme un seul homme la tête la première dans un bol de chocolat fondu... Comprends pas. ^^



lundi 25 octobre 2010

Le goût de Pigut


Ou comment une non-bio, non-végétale, non-green, non-animaliste, non "home-made" maniac est devenue fan de Pigut. Le blog des Petites Idées et Grandes UTopies qui fête ses 6 mois (tu trouveras d'ailleurs ma contribution et celles des autres participantes directement sur le site).

Pour faire simple, je dirais que c'est mon corps le responsable. Oui, la faute à ce grand champion de la somatisation, à ce grand délicat, jumeau caché de la Princesse au petit pois, à cet anarcho-nihiiliste qui envoie valdinguer toutes les règles et fonctionnements "normaux".

Ses accès caractériels, j'ai tenté de les endiguer à coups de traitement médicamenteux de toutes sortes pendant des années. Puis, insidieusement, légèrement, la greffe allopathique a été rejetée. 


1ère étape. Réaliser que la nourriture ne fait pas que finir en coussin moelleux sur mes hanches, mais est aussi assimilée par mon organisme (ou pas, et c'est justement ça le principal problème). Et doit donc avoir un effet sur le zozo en question.


D'où la suppression du lait de vache le matin. Ce qui, 2 jours plus tard, a donné l'occasion d'un "Oh, ça va mieux dis-donc!". Puis, le lait de soja au chocolat ou à la vanille c'est drôlement bon (euh... c'est pas complètement vrai, il y a une éééénorme variabilité de la chose suivant la marque). 


2ème étape. Découvrir que l'on peut cuisiner avec des produits soja-esques. Le plus basique étant les crêpes au soja-vanille. Un deux-en-un fort avantageux.


3ème étape. Constater que "Grand corps somatisé" se sent bien mieux quand il ne rencontre pas trop souvent de la viande.


4ème étape. Limiter le caractère moelleux de mon anatomie en m'engouffrant avec délice dans la cuisine végétale. Ahhhhh, ce que j'aime ces purées d'amandes, de noisettes... elles ont définitivement exclu le beurre et la crème de mon frigo.


5ème étape. Conséquence logique de tout ce qui précède, s'enthousiasmer pour le "fait maison". Non pas pour glorifier un retour à la tradition, ou parce que je serais en plein trip "mère nourricière". Juste pour pouvoir déguster des fondants au chocolat sans beurre ni oeufs, des carrot cakes pas saturés en sucre raffiné (un autre agresseur sous surveillance aiguë lui aussi), du pain raisonnablement salé qui me permet de ne pas me transformer en éponge avare de toute l'eau qu'elle contient dès que je grignote un quignon.


Et puis, c'est un vrai plaisir de concocter moi-même de "bonnes choses" dans tous les sens du terme. Bonnes au goût (en tous cas, j'essaie...) et bonnes pour "Grand corps apaisé". 


Logiquement, j'étais prête à rencontrer Pigut. Et à adhérer. Même si mon point de départ est très ego-centré. Je ne suis pas totalement étrangère à ce monde. Dans une autre vie, j'étais même experte en matière de mouvement coopératif japonais (précurseur des AMAP soit dit en passant).


Sauver la planète, je ne sais pas. Mais améliorer le quotidien, le confort de chacun, c'est certain. Il suffit d'ailleurs souvent de pas grand chose pour se sentir bien mieux.
Mon utopie, c'est celle-là. Ma petit idée, c'est justement ne pas hésiter à aller contre les idées pré-établies qui ne sont pas nécessairement celles qui vont me convenir. Ne pas hésiter à sortir des sentiers battus pour trouver mon propre équilibre. Sans oublier d'avoir les yeux suffisamment ouverts pour réaliser que ce qui peut être bon pour mon environnement (au sens large) va nécessairement m'apporter du mieux à moi aussi. 


J'allais oublier le n°6 : cuisiner sans produits laitiers, ni œufs, ni gras, pour le plaisir de ne pas faire comme tout le monde. Des carrot cakes sucre blanc-œufs-beurre, il y en a des milliards sur la toile. Des poti'cakes vegan, beaucoup moins, j'en suis sûre. Et ça, ça m'éclate ! :D


Cake végétal au potimarron



Pour un cake

150 g de chair de potimarron
100 g de farine de kamut
50 g de farine de blé
250 g de tofu soyeux (maison, merci Pigut!!)
6 cs de sucre roux
5 cs de purée de marrons nature
2 cs d'huile de noix
1 cc de bicarbonate de soude
1 cc de poudre à lever
1 cc de cannelle
1 cc de gingembre
1/2 cc de muscade
mélange de graines (courges, pignons...)

Préchauffer le four à 190°C.
Laver le potimarron et le raper. Dans un récipient, mélanger la chair avec l'huile et 3 cs de sucre.
Dans un autre saladier, mélanger la farine, 3 cs de sucre, les épices et le bicarbonate.
Délayer la purée de marrons avec le tofu soyeux. Ajouter la levure et incorporer le tout au potimarron. Puis la farine.
Verser l'appareil dans un moule à cake. Saupoudrer avec le mélange de graines et 1 cs de sucre.
Cuire 40 minutes.

Bien laisser refroidir avant de déguster car le cake est assez humide à la sortie du four. 

Un énorme dernier merci à Pigut : j'ai bien failli défaillir de bonheur en tombant sur ZE recette, le tofu soyeux maison !!! C'est hyper simple et me garantit d'avoir toujours mon ingrédient fétiche sous la main.



vendredi 22 octobre 2010

Impressions ferrées


Xième voyage sur rails de l'année, je m'en vais d'un pas alerte et assuré vers ce cher wagon-bar...jusqu'à ce que le train s'ébroue et commence à attenter à ma dignité. Et alors que je tente de la conserver tout en étant transbahutée d'un bord à l’autre du couloir, essayant de ne pas m'agripper aux quelques survivants capillaires d'un petit homme rondouillard et quasi-chauve mais bien plutôt à son dossier, je ne sais pas encore que je vais avoir un choc.
Non, plusieurs. Une vraie cascade.

D'abord, finie la soupe, envolée, effacée du menu. Plus assez tendance sûrement. Après avoir pris le temps d'accuser le coup, tournant et retournant dans ma tête les possibilités qui me sont désormais offertes pour me réchauffer dans cette chambre froide ambulante qu'est le TGV, je me rabats sur la fade mais classique salade Caesar (je te la déconseille vivement d'ailleurs). Tu remarqueras la pertinence du choix : rien de mieux qu'un bol de laitue pour remonter ton thermostat intérieur, non ? Ben non, effectivement. Je désespère complètement de moi-même quelques fois...m'enfin.

C'est alors qu'un vacarme vient agresser mes oreilles. "WTF, qui a une sonnerie aussi pourrie?!?". Heureusement, je garde cette remarque pour moi car je réalise qu'il s'agit de la musique d'ambiance du Zinc (nom de code du wagon-bar dans certains TGV). Mais où est David Guetta, nom d'un pipe ?!? (oui, j'aime bien utiliser de vieilles expressions de temps en temps, mon côté Vielle France sans doute^^).

Dernier coup en traitre : mes yeux tombent sur la mention "fruits de saison, 2,20€". Oh, des fruits! C'est chouette, c'est diététique, équilibré et détourne mon attention de la montagne de Toblerone qui trône fièrement sur le comptoir... 
"QUOI!!!!! 2,20€!!!!!". 
Mon cerveau a mis un certain temps, mais le compte est bon. 2,20€, c'est le prix d'UNE pomme. C'est aussi le prix d'UN kg au supermarché du coin...
Heu...
...En fait, non.
Tant pis pour mon bol alimentaire, il devra se passer de pomme ce soir.

Retour à ma place. Vais enfin pouvoir plonger dans ma bulle pendant 3 heures. Loin de tout et de tous. Uniquement avec ma musique, mon livre et moi.
Mais...mais...nooooon ! Pourquoi moi ? Pourtant, j'y croyais presque aujourd'hui. Ni bébé, ni colo à l'horizon. Mais non, il a fallu que je tombe sur l'épisode "Ken et Barbie trouvent l'amour dans le train". Rhâââ, pas possible.
Et vas-y que je te raconte tout sur "moi, ma vie, mon œuvre", que j'aime trop ce que tu fais, que c'est top génial ce que tu lis, et que je rigole, rigole et rigole tellement ce que tu narres est fascinant et follement original.
Comment ça je suis jalouse, aigrie, limite vieille conne ??
Nân, c'est bô l'amûr!! (ça va, je suis convaincante là?).
Mais pas dans mon train, dans mon dos, à 22 heures passées, alors que je m'assoupis bercée par la douce voix de Sting (clique, clique, promis, ce n'est pas la 108ème version de Roxanne).
Allez vous dragouiller ailleurs, y'a des lieux pour ça. Zut quoi !!
Et puis...

Pourquoi ça m'arrive jamais à moi ? Je sais très bien rire pour un rien en ayant l'air conquise et absorbée. 
10 ans de train et rien. Nada. Le néant. La dèche.
Mon palmarès à moi c'est vieux businessman greffé sur son PC, post-ado coupé du monde, ou vielle fille qui tient vaillamment son sac à mains sur ses genoux pendant 3 heures.
Ben, tu sais quoi, c'est pas juste !!!!

Pas de soupe, pas de pomme, pas de Ken pour m'amuser...
Heureusement tu m'écoutes, ça rend le voyage plus agréable. :)

Ne me reste que 5 petites minutes pour honorer la partie culinaire de la chose. D'où une recette rapide, vite faite, bien faite. Digne d'un (bon) wagon-bar.


Carottes orientales


Pour 2 personnes

2-3 carottes (tout dépend de leur taille)
2 citrons confits
1 grosse poignée de raisins secs
huile de sésame
1/2 cc de gingembre
1 pincée de sel

Laver, éplucher et râper les carottes.
Si les raisins sont un peut trop secs, les mettre à tremper 15 minutes dans de l'eau tiède.
Émincer les citrons confits.
Mélanger tous les ingrédients dans un saladier. Assaisonner avec l'huile de sésame, le gingembre et le sel.

Si possible, laisser reposer une petite heure avant de servir, les arômes se feront mieux sentir.

dimanche 17 octobre 2010

Voyage, voyage...


Quand j'ai commencé à réfléchir à ce billet, j'avais plein d'idées plutôt rigolotes en tête. Je voulais te parler des visiteurs du p'tit sushi. De la mappemonde qui commence à se dessiner dans mon gestionnaire de blog grâce à toutes tes visites. La Colombie, l'Argentine, l'Inde, le Monténégro, le Maroc... et la France évidemment. D'où le titre d'une originalité fulgurante.

Mais voilà. Le blues du dimanche soir m'a rattrapée. 
Je le connais bien ce zozo. Depuis des années même. Et pourtant, il est encore parvenu à ses fins et, et ma gorge et mon estomac se sont régulièrement serrés au fur et à mesure de la déclinaison du soleil. Il est d'autant plus douloureux que j'étais sans défense, telle une jeune gazelle gambadant innocemment dans la savane. La conséquence d'un agréable week-end. Ce qui, pour Tomboucou, correspond à sports + cuisine + petite activité culturelle relaxante. Une autre façon de dire que je suis allée voir "Moi, moche et méchant" et que j'ai bien ri. Et oui. La plupart des bloggeuse sérieuses et qui respectent leurs lecteurs vont voir le dernier Woody Allen, Ze Facebook story ou même "Kaboom". 
Moi non. Ne va pas croire que je ne te respecte pas. J'aime tout bêtement aller au cinéma pour me vider la tête et rire de préférence (je vais quand même voir quelques films "sérieux", histoire de sauver l'honneur). 
Plein de bons souvenirs me diras-tu, qui devraient me permettre de relativiser le coup foireux de ce traître de dimanche soir. Sauf que, quelques fois, les souvenirs ont du mal à s'imposer face au poids poisseux et omnipotent du vide nocturne...

Alors, parce que je ne veux pas te polluer ton dimanche soir à toi, je vais m'arrêter là et continuer à vider mon pot de sucre chimique. En espérant que le colorant rose finira par déteindre un peu sur mon âme. 
C'est bien ça le pire. Avoir un petit relent d'angoisse, ce ne serait pas si gênant si cela ne se traduisait pas par une recherche effrénée de paradis artificiel. En l'espèce, je m'en tiens tout de même à la nourriture. L'angoisse se transformant alors en remords, colère, et grande promesse "croix-de-bois-croix-de-fer" que plus jamais je ne recommencerai.

Pfffff... 

Et voilà que je continue à te causer, moi qui ne voulais pas m'imposer.

Avant d'aller me cacher sous la couette, te dire quand même que j'ai eu la bonne surprise de voir le Japon changer de couleur sur la carte des visiteurs. Ce qui pour un p'tit sushi est réconfortant. ^^
D'où une recette nippophile, un cake miso-aubergines.


Cake Miso-Aubergines


Pour un cake

200 g de farine semi-complète
2 aubergines moyennes (environ 300 g de chair)
2 oeufs
7,5 cl d'huile de sésame
1 sachet de poudre à lever
4 cs de lait de soja
2 cs de pâte miso
2 cs de mirin
1 cs de vinaigre balsamique
1 cc de sirop d'agave
1 pincée de gingembre

Laver et peler les aubergines. Les couper en dés.
Les faire revenir dans une poêle sur feu moyen à couvert. Quand la chair commence à s'attendrir, ajouter le mirin, le vinaigre, le sirop d'avage et le gingembre. Poursuivre la cuisson à couvert jusqu'à ce que les aubergines soient bien fondantes.
Préchauffer le four à 190°C.
Dans un récipient, mélanger la farine et la poudre à lever. Dans un autre, diluer la pâte miso avec le lait. Ajouter les oeufs et l'huile. Verser sur la farine et bien mélanger.
Ajouter les aubergines.
Répartir dans un moule à cake et cuire 40 minutes.

La pâte miso étant très salée, il n'est pas nécessaire de saler davantage le cake.




mercredi 13 octobre 2010

Sauvons les sardines !


Il y a des matins comme ça où un rien m'amuse. Pourtant, quand tu commences ta trépidante et éreintante journée de travail par une grève des transports, tu penses que c'est mal parti pour se marrer. 
Alors, attention, je modère tout de suite mon propos. Je ne me suis pas gondolée, pliée en deux, les larmes aux yeux en montant dans ma rame préférée. Non, faut pas pousser le 1er sosie de Justin Bieber rencontré sous la rame. (Oui, pas mamie, parce que j'ai décidé que j'en avais assez de faire du mal à ces pauvres dames. Et parce qu'ils sont bien crispant avec leur frange, faut le reconnaître.) Mais mon esprit a trouvé un bon moyen de me divertir quand lui et moi nous sommes retrouvés enchâssés au chausse-pied dans la sus-nommée "rame préférée".

Donc voilà, j'en étais là, à essayer de faire le décompte de mes membres pour être certaine de ne pas mettre en péril mon intégrité physique lors de la fermeture des portes. Car, comme le rappelle fort à propos le lapin ratpien, "les portes, elles peuvent te pincer très fort". Quand mon esprit a eu cette réflexion fondamentale : "c'est marrant tout ces gens collés-serrés...il pourrait s'en passer des choses !". Il est taquin mon esprit quelques fois, non ? 

Sans l'être autant que lui, on peut effectivement se demander par quel miracle nous parvenons tous à cohabiter aussi élégamment. Le flegme britannique est encensé depuis des décennies, mais quid de l'amorphie parisienne ? Parce qu'il en faut du savoir-vivre pour sentir la couture de la parka de ton voisin de derrière avec ton dos, la fermeture éclair du sac de ta voisine de droite avec ton épaule et connaître la marque de la chemise de ton autre voisin de gauche d'un furtif coup d'oeil (si tu comptes bien, il manque un 4ème côté...là, rien de spécial à découvrir, c'est juste la porte) sans réagir. C'est même mieux que ça. En donnant l'impression que tout est normal, que tu es seule sur une plage en plein mois de février.

C'est aussi dans ces occasion que l'art de l'évitage visuel est poussé à son paroxysme. Nous regardons tous quelque chose, et c'est pas le paysage, forcément. Mais rien de précis. Il faut savoir naviguer entre les épaules, les têtes, les autres paires d'yeux, pour fixer un point hypothétique et hypnotisant. Sans avoir l'air trop idiot non plus en s'évertuant à déchiffrer du vide.

N'étant Parisienne que depuis peu, je maîtrise encore mal cet art. D'où mon attachement viscéral à la porte (et puis, je pourrai m'échapper plus vite en cas de remontée d'aigritude parisienne, elle aussi bien connue). Même si le panorama n'est pas des plus excitants, je peux au moins laisser mon regard vivre sa vie. Et me remémorer avec plaisir certains passages de La fin des temps d'Haruki Murakami.
...
C'est dans ces petits moments pleins de délicatesse et de joie de vivre que mon esprit (toujours lui, décidément il s'obstine) me suggère aussi des idées culinaires saugrenues. Comme un lemon curd vegan. Oui, tu as bien lu, vegan. Donc sans beurre, ni œuf. Ouf, il reste quand même du citron ! ^^
Pour le fun. Et aussi, parce qu'en salivant devant la recette de Shoko, mes hanches se sont salement manifestées (y'a pas que mon esprit qui a une vie propre... ouiii, j'ai bien pris mes pilules !). Et elles m'ont interdit de faire une recette aussi néfastes pour elles. Sauf que moi, j'avais une sacrée envie de douceur citronnée. Alors, je me suis remonté les manches, et j'ai tenté.
Tu me diras ce que tu en penses. :)


Vegan Lemon Curd


Pour un demi-pot

2 ou 3 citrons bio (3 dans mon cas, car j'avais de petits citrons)
80 g de sucre complet (à ajuster suivant son goût)
l'équivalent du poids de 2 œufs en tofu soyeux
50 g de crème de riz
1/2 cc de gingembre

Laver les citrons. Prélever les zestes et les hacher finement. Presser les citrons.
Dans une casserole, bien mélanger le tofu et le jus des citrons. Ajouter les zestes, le sucre, la crème de riz et le gingembre. Cuire une dizaine de minutes sur feu très doux sans cesser de fouetter. On doit obtenir une consistance assez épaisse et ne plus sentir le côté "farineux" de la crème de riz à la dégustation.
Mettre aussitôt dans un pot. Le retourner et laisser refroidir.
A conserver au réfrigérateur et à ne pas laisser trainer trop longtemps.

dimanche 10 octobre 2010

On joue à "chat" ?


Aujourd'hui, un intrus. Un billet venu d'ailleurs. Que c'est même pas moi qui ait choisi le sujet. J'ai eu la surprise (bonne, je précise) d'être taggée par Julhya cette semaine. Sur le coup, une certaine incrédulité m'a envahi... "c'est quoi ça?!?". Ben oui, je ne suis pas forcément hyper au point niveau blog-étiquette. Puis, l'idée m'a plu. C'est un peu comme jouer à chat finalement. Et moi, j'aime bien jouer. Donc zou, grand saut dans le vide ! L'idée, c'est de te faire connaître 5 choses inavouables de mon moi intérieur et profond. Là, c'est coton quand même. Parce que, ces choses étant inavouables, je ne suis moi-même par nécessairement complètement au courant : je me ménage en effet beaucoup et préfère ne pas trop m'avouer les faits délicats que je n'aimerais pas affronter. Maiiiiis, parce que je t'aime bien, je vais faire un effort. 
Je te préviens tout de suite... tu risques de le regretter. ^^

Ichi. Je n'aime pas les émissions politiques. Dit comme ça, ce n'est pas bien grave. Tu dois déjà te demander si je ne me moque pas de toi. Certes. Mais, garderas-tu le même avis si je te dis que j'ai fait Sciences Po ? Pendant longtemps. Quasiment une décennie. La vie politique, la science électoraliste comme on dit, ça n'a jamais été mon truc. Moi, j'étais du côté sociologique de la chose. Mais tout de même. C'est un peu honteux dans ce milieu-là.

Ni. Je (re)dors avec un ours en peluche. MON ours en peluche. Nounours le bien nommé. Inamovible depuis plus de 20 ans. Là, c'est un peu un deux-en-un parce que je dois également avouer que je n'ai jamais donné de nom correct à mes peluches. J'ai eu Toutou le chien, Nanard le canard et donc Nounours l'ours. Il a son petit caractère. Du genre à difficilement laisser sa place quand un être humain ose prétendre le remplacer nuitamment à mes côtés. D'ailleurs, certaines fois, il n'abdique pas. Et l'humain en question peut (et doit!) mal prendre la cohabitation forcée.

San. J'aime un peu trop le vin... En même temps, si ce n'était pas le cas, je ne serais pas capable de faire ce que je suis en train de tenter, à savoir te raconter des trucs pas nets sur moi.
...
Attends !!! N'appelle pas les AA tout de suite. Quand je dis "un peu trop" c'est par rapport à un communiant. Non, par rapport à un pré-communiant. Parce qu'après, c'est trop tard, il a déjà un pied dans le vice. Donc, bref. J'aime le bon vin. Rouge tannique et blanc fruité surtout. 
J'entends une voix connue qui crie "et le champagne alors ma grande ???". 
"Pour ce cas d'addiction profonde, ma cliente plaide non-coupable votre honneur". C'est pas ma faute, c'est les z'autres. Obélix est tombé dans la marmite de potion magique quand il était petit. Moi, on m'a baptisée au champagne. Un second lait maternel en quelque sorte. Donc, ça ne peut pas me faire de mal, non ?

Shi. Je ne sais pas faire de vélo (ouf, merci Mark Ronson et Queen pour m'avoir soufflé cette idée... je séchais un peu sur cette avant-dernière marche). J'ai appris. Mes genoux et le dos de mon pôpa s'en souviennent encore. Mais je suis la preuve vivante que le dicton qui veut que le vélo ça ne s'oublie pas est une vaste fumisterie. Je ne sais pas rouler droit. Je n'ai pas le sens de cet équilibre bizarre. Je rentre dans les voitures bien garées le long des trottoirs. J'ai peur. Je ne sais pas freiner. Je finis toujours par rentrer à pied...

Go. Attention, le lourd arrive... T'es prêt ? ça va faire mal. Et détruire ma réputation de fille hype et tendance pour 15 ans au moins... 
Voilà. Il faut l'avouer. Je kiffe Cloclo.
Nooon, t'en vas pas. Laisse-moi t'expliquer. 
Je n'ai pas amoureusement punaisé tous les posters de Cloclo parus dans Podium sur mes murs. Je ne vais pas en pèlerinage au moulin de je ne sais plus quoi. Le bonhomme, je m'en moque comme de ma première paire de chaussons. C'est juste que je connais toutes ses chorégraphies par cœur. A peine entends-je les premières notes d'Alexandrie Alexandra (rhââ...hââ) que mes hanches se trémoussent et que mes bras se prennent pour un sémaphore. Et, de mon point de vue, une soirée dansante (mariage, fête de bureau, afterwork...) est lamentablement ratée si je n'ai pas pu mettre en œuvre mon célèbre déhanché clodien ! 

Pour finir en beauté, un ch'tite photo de bon aloi. Ce que j'ai de plus honteux dans mon frigo. Tofu Soyeux et Miss Vegan le regardent d'un drôle d'œil...



Et pour continuer le jeu, je tagge Lili, Gen, Lune (même si je crois qu'elle a mieux à faire ces temps-ci ; au moins, ça te donnera une bonne occasion de plus d'aller faire un tour chez elle), Flou, et Mlle Pigut
Je crois que c'est ce dernier exercice qui est le plus difficile. Parce que la timide que je suis est un peu gênée aux entournures de déranger comme ça, pour rien. Mais j'aime beaucoup tous ces blogs, alors le plaisir de les citer l'emporte.

mardi 5 octobre 2010

JF recherche JH


Lit 0 - cuisine 1 ! Malgré mes grosses craintes, le lit a su rester à sa place, la couette n'a pas fait sa jalouse, et j'ai pu progresser dans le bougnettage assidu et rigoureux de mon tablier (du verbe bougnetter, lui-même librement dérivé de la bougnette, grand classique sudiste et spécialité tombouctienne). 

Et c'est donc pleine de joie et de satisfaction que je me suis assise devant mon petit repas dominical. Quand, d'un seul coup, venu d'on ne sait où, un mélange de frustration et de "gloups" m'a assailli en dégustant mon dernier essai car seul le silence a fait écho à mon "mais c'est pas mauvais du tout!" (c'était pas gagné quand même, faut bien le reconnaître) lancé spontanément... J'attends ... (un "oh oui, tu as raison", ou même "hummm, bizarre ton truc"). Mais non, rien. Ah si, enfin, une voix fort familière crève le silence (la sono à fond du voisin aussi, mais c'est pas le sujet). "Mais oui, pas mauvais du tout même"
...
Mince, c'est moi qui me répond. Arf, je parle encore toute seule.

A une époque, j'étais 2. En clair, il y avait un M. Tombouctou (même si Tombouctou n'existait pas à l'époque...). Maintenant, je suis 1. Et ça commence à être pesant de ne cuisiner pour personne. Surtout de ne pas avoir de retour, de stimulation, de suggestion. Je ne cuisine pas que pour la beauté du geste, mais bien pour partager. Alors là, je reste sur ma faim (paradoxe ultime, non?).

Il y a bien des sites de rencontre pour cœur esseulé. J'aurais sûrement du succès : "recherche goûteur à temps plein. Couvert de qualité assuré".... hum...j'hésite...nân, j'aime bien être seule. Pas comme idéal de vie. Mais pour le moment, j'apprécie cette période de "recentrage sur mon moi profond et de découverte de mon être intérieur", de saleté de solitude ... qui fait que tu as envie de pousser dans le dos tous les couples comme-on-est-trop-heureux-à-deux que tu croises inévitablement (qu'est-ce qu'il y a comme binômes en ce moment ! C'est la saison ou c'est moi qui en voit partout ??). Il me faudrait juste un voisin sympa. Tiens, comme Joey de Friends. Ou une voisine, je ne suis pas regardante.

Pour savoir donc si mon idée de raïta sucrée au potimarron tient la route. J'ai piqué l'idée de la raïta à la courge chez Foodway to Green Heaven. Et je l'ai mise à ma sauce. :)


Raïta de potimarron



Pour 2 personnes

200 g de potimarron
6 cs de yaourt
4 cc de crème de marrons (de l'Aveyron, sans trop de sucre)
3 cs de sucre complet
2 gouttes d'extrait de vanille
1 pincée de cannelle
1 pincée de gingembre

Bien laver le potimarron et le râper sans le peler. 
Dans une poêle, saisir le potimarron sur feu vif avec le sucre. Quand le sucre est bien fondu, baisser le feu et laisser cuire 5 minutes à couvert.
Laisser refroidir.
Bien mélanger le yaourt et la crème de marrons. Ajouter la vanille et les épices. Puis la chair de potimarron et réserver au frais au moins 1 heure.
Au moment de servir, ajouter une cuillère de crème de marrons.

ndlr : Tombouctou n'est pas complètement seule et ne voudrait pas maladroitement offenser ses ami-e-s. Notamment MM. Rat, Lapin et Caméléon. Leur présence est irrégulière mais très précieuse. Sans t'oublier toi, ami du p'tit sushi.



samedi 2 octobre 2010

C'est moi qui l'ai fait !!



Oh non, cela fait presque une semaine que je n'ai pas nourri le p'tit sushi !! Il doit être à la limite de tomber d'inanition le pauvre... Le problème c'est que là, tout de suite, je n'ai pas de cuisine à portée de main et qu'un fond de carottes râpées se bat chichement en duel avec 2 yaourts au soja dans le frigo du boulot (bah oui, suis au boulot, un samedi... no comment please...). Et puis même. Les fourneaux n'ont pas beaucoup chauffés ces jours-ci. J'entends déjà les remarques qui fusent, les remises en question, les interrogations... "Et ça se prétend cook-bloggeuse... même pas capable de suivre le rythme !". Oui mais non. J'ai une excuse en béton armée double épaisseur, j'ai nommé le Nouveau Boulot. Celui-là même qui fait que j'admire la course des nuages depuis mon bureau en ce premier samedi du mois, au lieu de chasser la bottine. J'ai commencé depuis 2 semaines et je n'ai toujours pas eu l'occasion de reprendre mon souffle. Comme si j'étais coincée sous une cascade : juste l'air qu'il faut pour rester en vie, mais le crâne proche de l'implosion tant on veut y faire entrer de nouvelles choses d'un seul coup. Immédiatement mise en selle, sur un gros dossier (les nuages, c'est juste du coin de l'œil hein, c'est pas vraiment pour ça que je suis défrayée payée). Je crois bien que j'ai un neurone-elbow ! Une espèce de méga courbature neuronale qui fait que chaque petite tentative d'activation réflexive est pénible, que plus rien ne fonctionne à vitesse normale. Une vague impression d'avoir pris 40 ans d'un coup d'un seul me suit comme une ombre depuis quelques jours...!

Alors voilà, le soir, l'inspiration me fait faux bond. Et je n'ai qu'un refrain en tête : faut que je me couche tôt, faut que je me couche tôt. Ce qui, en termes tombouctiens, signifie "avant minuit", "avant 11h" étant l'équivalent "d'avec les poules".

J'ai quand même tenté 2-3 incursions furtives en cuisine : salade de chou-fleur cru à la sauce soja, riz au lait express (avec du lait ribot et de l'eau de rose, faudra quand même que je t'en reparle), glace vanille aux épices (un peu le degré de zéro de la cuisine, mais c'était boooon). Et puis hier au soir, mes petits Nutel'like version mini pour mes sœurs de peine (mes collègues quoi).
Toujours plein d'idées en tête au demeurant. Mais je me demande si demain la cuisine aura une quelconque chance dans l'âpre combat qu'elle devra mener face au lit... Les paris sont ouverts ! :)

Mais, n'ai crainte, je ne vais quand même pas te laisser comme ça et t'abandonner encore pour une durée indéterminée. Suis pas comme ça moi. Donc, petite revue de blog pour partager mes coups de cœur. Le thème : les cookies. Je ne sais pas ce que tu en penses, mais j'ai l'impression qu'une fièvre cookieste s'est abattue sur la blogosphère culinaire ces derniers temps. L'air de rien. Sans faire trop de vague (rien à voir avec les cupcakes ou les whoppies). Non, le cookie est plus discret, bien ancré qu'il est dans nos habitudes. Un vrai plaisir incontournable, sûr de sa valeur.

D'abord ici, tu sauras enfin pourquoi il est inévitable et primordial d'avoir des palanquées de recettes de cookies sous la main. (Gourmandises Chroniques)
Et d'où viennent les cookies, le comment du pourquoi de la chose. De quoi briller en société... ça fait jamais de mal ! (Fureur des vivres)

Ensuite, niveau garniture, je te propose chocolat-bacon, chocolat et petites billes colorées avec ou sans cacahuète à l'intérieur (ça commence par M et finit par MS !) et chocolat-caramel. (Clea cuisine, In the Food for Love et Cupcakeista)

Pour que le p'tit sushi ne puisse pas être accusé de contrevenir aux recommandations de l'INPES, une version légère, à la seule gloire du chocolat. (Le Pétrin)
...
Rhâââââ, Ooooooooh, miam miam miam !!! Non, je n'ai pas perdu mon français en route. Il s'agit juste d'une tentative de retranscription du cri tombouctien, surpris et gourmand, poussé lors de la découverte d'une telle promesse de réjouissances. (La tarte au fromache)

Au passage, paraîtrait qu'on pourrait faire des cookies sans chocolat, même pas mauvais, voire très bons. Incroyable, non ? ^^ (Foodway to Green Heaven)

Et, last but not least, let me introduce les cookies-de-la-mort-qui-tue par Christophe Michalak  (du Plaza Athénée... note que je ne me moque pas de toi !). Pour finir en beauté. Parce que la recette est hyper simple. Idéale pour une envie subite et irrépressible de cookies (15 minutes, cuisson comprise... si c'est pas beau ça !). Et qu'avec des images qui bougent, c'est tout de suite plus parlant... surtout quand c'est Mônsieur Michalak qui bouge ! ^^(Le Fooding)


La photo (parce qu'il faut bien en mettre une, sinon c'est triste) n'a rien à voir avec le bazar. Je crois que la bonne expression c'est "rien à voir avec la choucroute". Mais point de choucroute à l'horizon, cela ne ferait que rajouter de la confusion à ce billet déjà pas très net. Bref. Donc, la photo, c'est moâ qui l'ait faite. Du coup, le titre se trouve enfin justifié !




Petit souvenir de vacances cantaliennes. 
Et de quoi avoir sa dose hebdomadaire de ciel bleu.
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