samedi 26 mars 2011

Goûte mon cake


Je ne sais pas écrire. Je ne parviendrai jamais à dépasser le stade actuel du billet de quelques dizaines de lignes. Jamais.
Pourquoi est-ce que je te dis ça, là, comme ça ? Parce que je suis en train de relire L'année de la pensée magique de Joan Didion. Elle y décrit les mois qui ont suivi la disparition de son mari. Un deuil, on a tous connu ça. Nos tripes ont autant trinqué que les siennes, nos tourments ont pris les mêmes oripeaux. Et pourtant...Pourtant rien de tel ne sort de tout un chacun. 

"Mais aussi, pourquoi te confronter d'emblée à une vraie, grande écrivaine!" Suis d'accord avec toi. Le meilleur moyen de ne pas gravir la montagne, c'est de vouloir d'emblée atteindre les 4810 mètres. Sans étape. Sans carte. Sans guide. Telle une superwoman thermo-doublée.
Quoi ?!? On appelle ça un téléphérique ? Ah bon, OK, au temps pour moi.

Zut ! c'est raté pour le syndrome de la grande génie littéraire ambitieuse et incomprise.
Mais je n'ai pas dit mon dernier mot. 

J'obtiens le même effet de découragement et de honte mêlés en approchant des auteurs moins.... aïe, comment dire ça sans froisser personne. Différents. Comme Bénabar (note au passage que, en revanche, je maîtrise à mort le grand écart!). Il y a quelques jours, j'ai remis un de ses albums en "vaisselle music". ça faisait un sacré bail que je ne lui avais pas fait les honneurs de mes oreilles. Pendant 3 albums, j'ai adoré. Puis, je sais pas, un clash s'est produit. Je l'ai trouvé trop. Trop lui-même, trop sombre, trop présent... Bref. 
S'enchaînent donc "Bon anniversaire" (mince, j'étais loin des 30 ans quand elle est sortie cette chanson, elle me faisait bien rire à l'époque...j'ai dû perdre le sens de l'humour en gagnant des rides), "Y'a une fille qui habite chez moi" (pas bougé, toujours chouette), et coetera, et coetera. 
Puis la voilà. La moins connue. L'oubliée. La même pas chantée en concert."Dramelet". 

Au début, je n'ai rien vu venir. Je commence à chantonner. 

Un truc cloche pourtant. Ma gorge commence à se serrer, ma voix à trembloter. Mon estomac se noue. 
Je ne chante plus.
...
Je pleure. 

J'aimerais m'effondrer même. Mais je ne peux pas. Je te rappelle que je suis dans la vaisselle jusqu'aux coudes et que j'éprouve un attachement (réel mais idiot je te l'accorde, sont bêtement rondes, plates et blanches) envers mes belles assiettes Ik** dépareillées.
Donc, en plus du grand écart, je peux accrocher un 2nd accessit à mon revers, celui de l'art de pleurer discrètement - mais à chaudes larmes - sans rien casser, ni alerter LeRat™ qui joue à l'homme adulte dans mon dos (qui matte la télé bien calé dans le canapé, en gros ^^).
Parce que, à ce moment-là, je n'ai pas envie d'être consolée. Je veux m'apitoyer, regretter, invoquer... Tourner et retourner dans ma tête cette petite phrase de rien "tant pis pour l'enfant dont on ne sera pas les parents, orphelin prénatal c'est un vrai scandale". [ndlr : à une époque pas si lointaine, il y avait un père putatif à mes côtés].

Coup de grâce : je suis le genre de fille qui aime "traîner" sa moitié chez Ik**. Qui adore même aller aux nocturnes et manger des boulettes aux airelles et de la tarte aux Daims.

Non, mais tu te rends compte dans quel état il m'a mise le bonhomme !!
Mes pauvres mots ne sont certainement pas près de te faire la même chose.
Et là, finalement, tu dois être bien soulagé que je ne maitrise pas encore correctement l'art d'agencer les mots et les idées ! :)

Pour éponger mes peines, j'ai fait un cake avec ce que j'avais sous la main. Il est tout végétal, très citronné. Et ultra-rapide. L'idéal pour endiguer les déferlantes bluesy.


Cake tout citron



2 yaourts au soja (200 g)
200 g de farine T65
200 g de compote de pommes
150 g de sucre roux
le zeste d'un citron bio
1/2 sachet de poudre à lever

Sirop au citron
le jus de 2 citrons
le même volume (environ 100 ml) d'eau
4 cs de sucre

Préchauffer le four à 180°C.
Mélanger tous les ingrédients. Répartir dans un moule à cake et cuire 30 minutes.

Parce que c'est vraiment trop rapide et facile, j'ai ajouté un petit sirop.
Dans une casserole, porter à ébullition le jus des citrons, l'eau et le sucre. Laisser réduire à feu moyen un bon quart d'heure. 
Avec un pinceau, badigeonner en plusieurs fois le cake.







dimanche 20 mars 2011

Rien qu'une larme dans mes yeux


JT de TV5, 16h, 2 pompiers japonais racontent comment, il y a quelques jours à peine, ils ont annoncé à leur famille qu'ils allaient lutter contre l'atome. Comment ils leur ont alors dit adieu.

Je suis restée sans voix.

Ce n'est assurément pas la première (ni la dernière) catastrophe que je suis derrière mon écran. Mais celle-ci me touche plus particulièrement. 
Le Japon et moi, c'est une histoire d'amour un peu ratée. Comme dans ces films à l'eau de rose où les héros se croisent et se recroisent sans jamais se voir. Elle le cherche désespérément dans le hall de l'hôtel alors qu'il a pris un taxi pour la rejoindre à la gare. Il monte quatre à quatre les marches conduisant chez elle alors qu'elle descend par l'ascenseur pour aller chez lui.


J'ai pendant longtemps passé une part de ma vie virtuellement au Japon. A étudier sa culture, sa société, ses goûts, ses difficultés... J'aurais dû y aller. A plusieurs reprises. Mais l'avion s'est obstiné à décoller sans moi.
Le Japon est mon amoureux insaisissable, celui que l'on ne voit que furtivement alors que la porte du train se referme. Je sais qu'il est là-bas, je le connais de mieux en mieux, mon attachement ne se dément pas. Et, malgré le temps qui passe, je suis certaine qu'un jour je tomberai enfin dans ses bras.


Bon, je sais, je pousse peut-être l'image un peu loin, mais c'est pour essayer de te faire partager la place spéciale qu'a ce pays dans ma vie.


Alors, aujourd'hui, je voudrais faire tant. J'essaie.
Plusieurs manifestations proposent d'avoir une pensée pour le Japon. La mienne prend ici forme. Par la cuisine, forcément. Avec une petite douceur aux saveurs nippones.


Perles du Japon au macha et sablés au sésame noir




Pour 4 petits verres

300 ml de lait de riz
20 g de Perles du Japon
2 cs de sucre roux
2 cc de thé macha
le zeste d'un demi-citron


Pour une douzaine de sablés

125 g de farine (moitié complète moitié de riz pour moi)
25 de sésame blond
25 g de sucre roux
3 cs d'huile de sésame
3 cs de lait de riz
2 cs fécule + 2 cs d'eau
1 cs de pâte de sésame noir

Pour le "glaçage"
100 ml de lait de riz
3 cs d'arrow-root
2 cs de sucre roux
1 cc de pâte de sésame noir


Porter le lait de riz à ébullition. Verser les Perles du Japon en pluie. Baisser le feu et cuire environ 20 minutes à feu doux (jusqu'à ce que les perles soient translucides). Ajouter le sucre. Bien remuer. Puis le thé vert. Remuer de nouveau. Transvaser dans de petits verres et réserver au frais.

Pour les sablés, j'ai scrupuleusement suivi la recette de Mlle Pigut, si ce n'est que, ne disposant ni de rouleau à pâtisserie ni de la place nécessaire pour étaler correctement une pâte, j'ai rusé. J'ai donc roulé la pâté à sablés en un gros boudin. Puis mise à reposer au frigo une bonne heure. Avant de découper des biscuits d'un demi-centimètre d'épaisseur.

Ces sablés sont assez peu sucrés. L'ajout d'un "glaçage" permet d'ajouter une touche de gourmandise supplémentaire. Pour cela, chauffer doucement le lait de riz et le sucre. Ajouter l'arrow-root et fouetter vivement. Il ne faut pas sauter cette étape car sinon, l'arrow-root s'agglomère et devient très difficile à manier. Quand la préparation devient assez élastique, retirer du feu et ajouter le sésame noir. Bien remuer.
Tartiner les sablés avant que le mélange ne soit refroidi.

Évidemment, il faut aimer le sésame !

Pour continuer à penser au Japon, tu peux aller chez Lune, chez Cerise ou chez Shoko.

dimanche 13 mars 2011

Une belle récolte...


Je rentre doucement dans cette foutue fin de week-end. Je ne vais pas te refaire le coup du "dimanche soir, la vie est pourrie", tu connais bien ce refrain. Je ne veux pas te perdre.
Surtout que ce soir, la déprime est absente, vaincue, terrassée. Rien de fabuleux pour expliquer ça. Mais j'essaie de regarder les choses concrètes et positives, même microscopiques, qui ont ensoleillé mon w-e. 
Finalement, j'ai suivi quelques envies, et ça me permet de tenir bien loin de moi le sentiment de vide qui m'envahit habituellement à cette période de la semaine.

Envie de danse. Là, c'est facile. Un bon cours d'une heure trente et les courbatures feront durer le "plaisir" toute la semaine, ou presque.

Envie d'être entourée livre. Oui, j'ai des envies étranges. Ces derniers temps, je me suis éloignée des rayonnages. Soit que je m'approvisionne par internet, soit qu'on m'offre de saines lectures. Du coup, hier, j'avais envie de me retrouver encerclée de mots et de pensées. De me laisser dériver au gré des rencontres, des couleurs de couverture, des polices... J'ai hanté une librairie de mon quartier sans compter le temps. Longtemps sans doute. J'en suis ressortie alors qu'il faisait déjà nuit. Avec une belle pile de promesses sous le bras.

Envie de pizza. Si je t'en parle, c'est parce que, du coup, il m'est resté tout plein de basilic sur les bras. Et dans les narines. 

Envie de légèreté et de fraîcheur. Un citron fort opportuniste est venu à mon aide. Et s'est intelligemment mêlé au basilic rescapé de ma fièvre transalpine. Pour donner une crème au citron et caramel de basilic.

Une belle récolte finalement, non ?


Oh...j'allais oublier. Avant de te donner la recette, une petite annonce "officielle". Depuis quelques jours, le p'tit sushi a sa propre page Facebook (look&click the badge à gauche de cette page). Comme un grand. 
Pour quoi faire ? 
D'abord, ça te permettra d'être averti des nouvelles publications. Ensuite, je vais utiliser cette page pour échanger plus librement et fréquemment avec toi. Mes lectures, mes écoutes, mes envies et goûts. En espérant que tu feras de même. De quoi faire plus amplement connaissance en somme. :)


Crème au citron et caramel au basilic


Pour 2 personnes

Pour la crème
25 cl de lait végétal
le jus d'un citron
2 cs de sucre complet (ou roux)
2 cs de crème de riz
le zeste d'un demi-citron

Pour le caramel
5 cl d'eau
60 g de sucre
10 feuilles de basilic

Commencer par préparer la crème.
Dans une casserole, chauffer le lait, le sucre, le jus de citron et les zestes. Quand le sucre est bien fondu, ajouter la crème de riz et remuer vivement afin d'éviter la formation de grumeaux.
Répartir la crème dans des verres et laisser refroidir.

Pendant ce temps, faire le caramel. Porter le sucre et l'eau à ébullition. Retirer du feu, ajouter les feuilles de basilic et laisser infuser 10-15 minutes. Passer ce délai, filtrer le sirop et laisser réduite à feu doux afin d'obtenir une consistance proche du caramel.
Recouvrir les crèmes avec le caramel. Il va durcir en refroidissant

... Ou pas... dans mon cas, la prise a été assez irrégulière, mais ça ne change rien au goût !


mardi 8 mars 2011

Tiens, c'est ma fête aujourd'hui ?


[Attention, billet avec de vrais bouts de trucs sérieux dedans, et sans une once de cuisine]

J'ai bien failli m'étouffer avec ma tartine aux fraises ce matin (je suis une fille, je mange des fraises, de la salade, des graines et bois du jus de papaye). A peine levée et engagée sur le long chemin de la métamorphose marmotte -> petite travailleuse dévouée, qu'un gugusse me dit que je devrais avoir honte de moi. 
Hey !! Reste poli steuplé, je t'ai rien fait moi. On ne se connaît même pas d'abord.

C'est qu'il s'obstine en plus. Il développe, argumente même. Personne ne l'interrompt. Au contraire, j'entends les "Oh oui, il a bien raison, comme il parle bien" qui transpirent à travers les ondes (faut peut-être que je te précise que j'écoute la radio, ça posera mieux les choses).

Il enchaîne...femmes et entreprise, méritocratie, méchantes Norvégiennes, blablabla....

Puis, 30 secondes plus tard, le Môssieur a fini sa démonstration, toute en finesse et source d'une grande fierté pour lui : je le sens au petit sourire dans sa voix. Il s'en retourne chez lui (ou à son bureau, tous les spécimen de son genre ne sont sans doute pas des flemmards, pis on va éviter la diffamation gratuite), pépère, me laissant hargneuse et dépitée, la tartine à la main, une goutte de fraises élégamment étalée sur le menton. 
Apprends ça ma fille : même bouffée de colère, touchée dans ton intimité, tu dois savoir rester dis-tin-guée. Parce que justement tu es une fille, une fleur, un élément de décoration sans pareil.

Qu'a donc dit ce fameux mâle alpha ? Tout simplement qu'il est humiliant pour une femme d'être promue parce qu'elle est une femme. 
Alors que de ne pas l'être pour la même raison, ce ne l'est pas, visiblement ! 
Ben non, suis-je bête. C'est la norme, donc la coutume, donc La Vérité. Le reste n'est que mise en danger inutile de notre bonne vieille culture qui aime tant les femmes (pour t'en convaincre, va dire bonjour à Serge Lama, Michel Sardou et aux autres grands poètes de notre temps). 

Le débat est clos. 

Je m'en vais enchaîner mes 12 heures de taff, avec cette sale idée en tête : être une femme, c'est humiliant.


Pas de recette. Mais deux livres que je te recommande vivement. 
Féminin-Masculin, la pensée de la différence de Françoise héritier et La Servante écarlate  de Margaret Atwood. 




Le 1er est un livre d'anthropologie mais se lit très bien. On est loin du livre savant et abscons. Par l'exploration des cultures, Françoise Héritier y démontre que ce que nous prenons pour la "nature", qu'elle soit féminine ou masculine, n'est en fait qu'une construction culturelle. Variable et donc modifiable.

Le 2nd est un roman d'anticipation. Terriblement efficace tant on sent que l'on pourrait, pour presque rien, basculer dans la société totalitaire qui y est présentée. Une société hiérarchisée à l'extrême, en réaction à notre culture hyper-sexualisée.

Et va faire un tour , et , c'est bon pour c'que t'as. :)

samedi 5 mars 2011

Ça fait toujours ça la 1ère fois !


Au début, tu y penses à peine. Tu sais bien que ça existe, que les autres pratiquent. Voire même aiment ça à la folie. 
Toi, tu n'y comprends rien. Par moment, quand tu te sens acculée, tu te drapes même dans un voile de snobitude : si tu ne touches pas à ça, c'est parce que tu vaux mieux, c'est tellement commun et usé comme concept !

Le temps passe.

Tu y goûtes bien à quelques rares occasions, mais du bout des doigts, sans t'autoriser à connaître la totalité de l'expérience.

Puis, un jour, quelqu'un te prend par la main. Et tu franchis le pas. Émue, angoissée, et néanmoins joyeuse. Tu te lances. En fermant les yeux. Espérant bien faire et ne pas le décevoir.
Arrive ce qui devait arriver.

Maintenant, c'est fait. Et tu ne désires qu'une chose, recommencer. Mais pas tout de suite, la peur que ce soit moins bien, qu'il n'y ait pas de 2nd effet Kisscool (mais plutôt un 2nd effet Gérard) te retiens. Te fait douter.
Pourtant, l'envie grandit. 
Et si finalement c'était quand même aussi bon ? Certes, il n'y aura pas la même excitation, la même peur mêlée de curiosité exacerbée. Un début d'assurance viendra sans doute palier cela.
Alors, tu recommenceras. C'est certain...dès que la brûlure ardente laissée par cette 1ère fois sur ta peau sera passée.
...
Oui, me suis brûlée en les sortant du four. Forcément, en fermant les yeux... !

Comment ça "mais de quoi elle cause ??"
De mes premiers cupcakes pardi !
Tu croyais que je te racontais quoi ?? 


Cupcakes citron sésame noir




Pour 6 cupcakes

180 g de farine
150 g de sucre roux
100 ml de purée d'amandes blanches
100 g de tofu soyeux
60 ml de jus de citron + les zestes d'un demi-citron
1 cc de levure
1/2 cc de bicarbonate
1 pincée de sel
variante : de la pâte de sésame noir

Pour la couverture
100 ml de lait de soja
3 cs de crème de riz
2 cs de sucre roux
1 bonne cc de pâte de sésame noir

Préchauffer le four à 180°C.
Fouetter vivement le tofu et le sucre. Ajouter la purée d'amandes, puis le jus de citron.
Tamiser la farine et la levure. Incorporer à l'appareil. Ajouter le bicarbonate et le sel.
Puis les zestes de citron.

Répartir dans des moules à cupcakes (muffins) et cuire 15-20 minutes.

Pendant ce temps, préparer la crème.
Dans une casserole, faire chauffer le lait et la crème riz en remuant vivement. Ajouter le sucre et le sésame. Laisser sur feu doux pendant 3-4 minutes, jusqu'à ce que le mélange épaississe. 
Quand la crème a refroidi, décorer les cupcakes. Perso, je décorer avec un cuillère, j'ai encore du mal à dompter la poche à douille.

Petite variante : ajouter une petite cuillerée de pâte de sésame dans chaque cupcake au moment de remplir les moules.
Dans la crème, remplacer le sésame par un jus de citron. Et décorer avec des rondelles de citrons confits.




Tu l'auras sans doute remarqué, mais ces cupcakes, en plus d'être délicieux (et c'est pas moi qui le dit!^^) sont totalement végétaux. Ce qui ne gâche rien.

Ils sont aussi tout fiers de participer au 3rd Cupcake's Day organisé par Dorian, mon guide dans ce nouveau monde. :)

mardi 1 mars 2011

Un jour mon Prince viendra...


Un jour il sera là, tout près de moi, m'envoutant de sa sirupeuse voix...

...et il ne squattera pas chez moi !

De toute façon, il n'y a pas de place pour son cheval dans la courette de mon immeuble.

Je ne fais pas dans l'original en disant que Prince Charmant© est une arnaque. Sans doute l’une des plus vieilles qui soit. Nous le savons toutes. Et tous. Oui, le masculin a droit de cité dans cette tourmente car les hommes aussi souffrent de ce matraquage marketing (faut pas croire, ça leur met la barre très haut tout de même). Et pourtant, nous marchons, nous courrons, nous hyper-naviguons.

Personnellement, le trip de l’enlèvement équestre me reprend régulièrement, quand ça ne va pas fort dans ma petite vie. J’aimerais alors qu’un dieu de l’Olympe descende jusqu’à moi, pauvre mortelle engloutie sous les tourments, m’extirpe de mon souk intime, et m’élève vers une félicité éternelle où mon bonheur serait son seul guide.

Oui, quand ça me prend, je sais être très mégalo !

Sinon, c’est pas marrant.

Il faut bien avouer qu’être invitée par Gérard, au restaurant La bonne fourchette (dont la déco n’a pas changé depuis 1982, les photos du patron avec Roger Hanin en témoignent), pour passer la soirée à se forcer à rire de tout et surtout de rien (pas pour lui plaire, grand dieu non, juste pour te convaincre profondément que la soirée n’était finalement pas si pourrie que ça) ça fait nettement moins rêver. Zeus, ou même Hercule (qui n’est qu’un demi-dieu, je le rappelle) ça a nettement plus de gueule !

Et pourquoi te retrouves-tu, trop assez souvent, ainsi attablée ? Te demandant, angoissée, s’il remarquera que tu as quitté tes chaussures ? Ces fameux nouveaux escarpins (dont il se contrefout, il ne fait même pas la différence entre des Doc’ et des Louboutin, cet inculte) qui en veulent à l’intégrité de tes orteils ? Hein ? T’es-tu déjà sérieusement posé la question ?
Tout simplement parce que Prince Charmant© Inc. t’a travaillée au corps dès ta naissance. Peut-être même avant. A coups de poupées princesses, de robes à volants rôses et de slogans imparables : « on a tous notre moitié qui nous attend quelque part », « à 2, c’est mieux », « L’effet Impulse... et un inconnu vous offre des fleurs », 
Depuis, tu crois que le bonheur est là, dans l’attente. 

Alors tu attends. 

Que l’Homme-de-ta-vie vienne jusqu’à toi. Et, comme par magie, l’allégresse et l’accomplissement seront alors complets grâce à son exclusive présence. Mystérieuse (mais comment a-t-il su où tu habites ???) mais réconfortante.
Ta vie sera enfin finie réussie. 

Flippant non ? 

Alors moi, Prince Charmant©, je n’en achète plus. Le sevrage est difficile, un peu comme si on privait Obélix de sangliers, mais je tiens bon. Et puis, il y a tellement de contrefaçons sur le marché que ça devient très risqué de se laisser encore tenter. Surtout que la vente électronique n’est pas, mais alors pas du tout fiable.

J’ai trouvé autre chose. Heureusement pour moi car je ne me prédis pas un immense avenir dans la carrière monastique. C’est inclassable, indéfinissable. À l’épreuve de toutes les tentatives de marketage. Ça circule sous le manteau… ça s’appelle MonLeRat™.

Le nom est un peu étrange, je le reconnais. Il est le résultat d’un remuage de cerveaux tardif et réalisé dans des conditions peu orthodoxes. Maintenant, c’est trop tard, il est déposé. Faudra faire avec.

Un peu dans le même contexte créatif libertarien et nocturne, j’ai fait ça.


Biscuits Coco





Pour une vingtaine de biscuits

100 g de farine de blé
100 g de farine de riz
100 g de sucre roux
50 g de tofu soyeux
50 g de noix de coco râpée
4 cs de lait de coco
1 cc de poudre à lever
1 pincée de gingembre
Quelques carreaux de chocolat (noir ou au lait, au choix)


Préchauffer le four à 180°C.

Dans un saladier, mélanger les farines, le sucre, le gingembre, la noix de coco et la poudre à lever. Ajouter le tofu et le lait de coco. Mélanger à la main pour former une boule un peut collante.
Retirer de petites boules de pâte. Y déposer un demi-carreau de chocolat et façonner des biscuits à la façon des ohagi.
Rouler les boules dans un mélange sucre+noix de coco.
Déposer sur la plaque de cuisson.

Cuire environ 10 minutes, jusqu’à ce que les biscuits se craquellent un peu et se colorent.

Déguster


Cette recette est une libre adaptation des Puffy biscuits de Gen. Son idée de biscuits rapides était très tentante. J’avais envie d’utiliser mon lait de coco.
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