mercredi 28 juillet 2010

Imagination vagabonde


Plaisir simple d'une soirée estivale parisienne : petite brise, soleil qui s'éclipse en douceur, silence du voisinage. Seulement troublé par un (ou une, mais dans mon imagination, je ne sais pas pourquoi, c'est "un") voisin pianiste. Qui ce soir a la bonne idée de me régaler d'un récital chopinien. Il joue remarquablement bien ce virtuose inconnu. Aucune fausse note, la juste interprétation, le bon rythme...
Il y a tellement d'appartements autour de moi qu'il m'est impossible de repérer son antre. Pourtant, j'aimerais tellement savoir qui il est (ou elle, il ne faut jamais trop écouter ses fantasmes). C'est marrant comme à partir de rien mon esprit s'est construit une image de cette personne. Qui n'a sûrement rien à voir avec la triste et décevante réalité. Stephen McCauley a très bien décrit ce phénomène "d'attachement", son héros poussant même le vice à nommer son voisin et à lui créer une vie entière de toute pièce. Donc, dans mon cas, il s'agit d'un homme, un peu moins de la quarantaine, cultivé, patient, assez imbu de lui-même (ben oui, pour jouer systématiquement les fenêtres ouvertes, il faut avoir un certain sens de sa valeur). De fait, je n'ai pas encore tranché sur la question de savoir s'il est sympathique. J'aimerais bien qu'il le soit suffisamment pour me prêter son piano ! :-p Quant à lui donner un prénom... nous ne partageons pas encore une intimité suffisante.

Et Chopin... je l'aime depuis très, très longtemps. Sa musique est plein d'émotions, de joie et de douleur mêlées. De légèreté et de violence aussi.  Sans oublier la mélancolie qui est toujours présente.Toute la complexité de l'âme humaine en somme. Enfin, de la mienne en tout cas.

Heureusement pour moi (et pour toi aussi, j'espère) mon imagination est quand même bien plus occupée à marier des saveurs qu'à inventer une vie  imaginaire à mon voisin. Et j'ai aussi eu envie de mélanger les sensations, comme Chopin. Résultat : des financiers abricots-curry. Je dois bien reconnaître qu'on est loin de l'extase que peut susciter la musique, mais c'est déjà satisfaisant pour les papilles, ce qui n'est pas si mal, non ?



Financiers abricots-curry




Pour une douzaine de financiers


2 œufs
100 g de sucre roux
5 cl de lait d'avoine
70 g de tofu soyeux
140 g de farine semi-complète
5 g de poudre à lever
une douzaine d'abricots (les miens étaient bio, donc pas gros comme une orange)
6 cs de sucre roux
2 cc de curry indien
2 cs de poudre d'amandes


Préchauffer le four à 200°C.
Laver les abricots et les couper en 4. Les mettre à chauffer sur feu très doux dans une casserole avec les cs de sucre roux. Faire compoter quelques minutes mais veiller à conserver les quartiers plutôt entiers.


Battre les œufs et le sucre jusqu'à ce que le mélange double de volume. Ajouter le tofu soyeux. Puis le reste des ingrédients.
Répartir la pâte dans des moules à financiers préalablement beurrés (ou en silicone) et cuire 10-12 minutes.




Pour être précise, j'ai testé deux versions : curry dans la pâte ou curry dans les abricots. Et les deux sont bonnes ! J'ai finalement opté pour la version "curry dans la pâte" parce que, si tu as de bons abricots, c'est dommage de noyer leur goût dans le curry. Il est au contraire renforcé par les épices.
Et ma recette est une adaptation des financiers à la ricotta de Cléa (si tu ne connais pas encore son site, vas-y tout de suite, il est fabuleux). J'ai juste imposé mon chouchou Tofu Soyeux. Et ajouté les abricots.

dimanche 25 juillet 2010

Ces petits riens


Quelques fois (...euh, souvent en fait) je désespère derrière mon bureau en me demandant ce que je fais là, pourquoi je ne me suis toujours pas enfuie très vite, très loin. Pourquoi je n'ai pas déjà ouvert mon salon de thé nippo-bio-équitable-éthique-littéraire couru du tout Paris. Ou publié le prochain prix Goncourt (entre les deux, mon cœur balance ! ^^). Tu l'auras compris, entre moi et mon boulot, ce n'est plus le grand amour. C'est même le temps des déchirements, des silences lourds de sens et des fausses embrassades. Je traîne ma peine de jour en jour, entre la machine à café et la station de métro.

C'est alors, qu'au détour d'un blog, une petit idée germe dans mon esprit et là, en 2 secondes à peine, tout va mieux. 

Donc jeudi, je découvre la tarte aux groseilles de Gen. La couleur est superbe et, immédiatement, l'envie de l'acidité des groseilles me revigore.  Pour autant, pas vraiment le courage de me lancer dans la confection d'une tarte. J'ai envie de quelque chose de léger, rapide et un peu surprenant. Rapide inventaire mental : dans mon frigo, j'ai de la roquette et quelques rattes. Voilà, idée toute trouvée : après la salade aux fraises, je vais tenter celle aux groseilles.
Hop, petit détour en rentrant, une barquette de groseilles et du vinaigre de framboise sur ma liste. Et je peux enfin me régaler.

Comme quoi, il suffit de pas grand chose pour retrouver le sourire. Juste saisir les petits riens au vol et prendre le temps de se faire plaisir.




Salade aux groseilles




Pas vraiment de proportions pour cette recette, j'ai fait au pif. En gros, il te faut :
de la roquette
des groseilles
quelques rattes
du vinaigre à la framboise
du sucre complet (ou roux)
du gingembre
de la fleur de sel


Rincer et équeuter les groseilles. Les mettre dans une casserole avec une cs de sucre complet et chauffer à feu très doux. Arrêter dès que le sucre a fondu. Ajouter un bonne pincée de gingembre et remuer délicatement.
Cuire les rattes. Une fois pelées, les couper en cubes.
Assaisonner la roquette avec un filet d'huile neutre et du vinaigre à la framboise. Ajouter les pommes de terre et un peu de fleur de sel. Remuer.
Finir par les groseilles.


Petit ajout : avec cette recette, le p'tit sushi est tout content de participer à son premier concours, organisé par le très beau site des Fantaisies de Lune.

mardi 20 juillet 2010

Spice power


Je ne sais pas si c'est à cause de la chaleur, ou simplement du rythme ralenti de cette période vacancière (je tiens à te préciser d'ailleurs que je ne suis pas encore en vacances :-(... seulement entourée de places vides au boulot!), mais j'ai le sentiment ces derniers jours de prendre toujours un temps considérable avant de parvenir à nourrir correctement le p'tit sushi. J'ai toujours autant d'idées, d'envies culinaires. Mais, le soir venu, entre m'affairer en cuisine (et profiter d'une offre groupée cuisine-sauna, normalement, ça ne se refuse pas ça!) et lézarder au soleil couchant devant ma fenêtre ... bizarrement, je choisis la langueur vespérale.
 
Heureusement, un arrivage de cumin frais est parvenu à me faire regarder ma cuisine d'un œil plus charitable. Le coup de la nouveauté, ça fonctionne à chaque fois avec moi! Dès que j'ai senti cette odeur entêtante envahir l'espace, mon esprit n'a eu de cesse d'imaginer les combinaisons les plus folles. Afin de goûter enfin à ce petit bout d'Orient. 
Pour l'instant, je me suis limitée à une salade de courgettes. Mais, j'espère bien réussir des mariages plus originaux. Surtout en pâtisserie. Comment tu le cuisines, toi, le cumin ? 

Vivement que je rachète du curry !! ^^ 
... et de la badiane, de la cardamome, du safran...


Salade de courgettes au cumin


Pour 2 ou 4 personnes
(plat complet ou entrée)


3 courgettes
3 cs de cumin (à varier suivant ton goût)
4 cs de raisins secs
8 feuilles de menthe
4 cs d'amandes et de pistaches natures
huile d'olive
sel


Laver et peler à moitié les courgettes. Les découper en cubes. 
Dans une poêle, faire chauffer une cs d'huile d'olive. Cuire les courgettes à feu moyen. 
Pendant ce temps, faire tremper les raisins dans un verre d'eau chaude pour les attendrir (si c'est de la très bonne qualité, la phase "trempouille" n'est pas nécessaire).
Ne pas trop cuire les courgettes, elles doivent rester un peu croquantes. En fin de cuisson, ajouter les raisins et une pincée de sel. Laisser sur le feu encore une minute en remuant, puis, hors du feu, ajouter les feuilles de menthe ciselées.
Concasser grossièrement les amandes et les pistaches. Ajouter aux courgettes.
Finir par un filet d'huile d'olive au moment de servir.

C'est très bon chaud, mais encore meilleur frais le lendemain : les arômes auront bien eu le temps de se révéler.  

vendredi 16 juillet 2010

Dans ma valise


A l'origine de ce blog était une envie, toute bête : partager ce qui me nourrit au quotidien, la cuisine et la littérature (si tu es nouveau, ou pas, tu peux retourner sur mon premier billet pour constater l'étendue de mes ambitions). Et, dans l'idéal, parvenir à combiner les deux.  Ce qui me conduit à lire tout de travers, à la recherche d'un plat, d'une recette, d'une quelconque référence à la nourriture. Pour l'instant, seul Kitchen a répondu à mes attentes (je te l'accorde, c'était facile). 
Mais, pendant ce temps, je continue à lire et à relire. Pour le plaisir de la découverte. Pour la joie des retrouvailles. Voici quelques représentants de ma bibliothèque, qui se marient fort bien avec l'ambiance estivale.


Brooklin Follies




Le héros, un sexagénaire abritant un cancer en rémission, nous raconte sa (re)découverte de la vie et du goût au bonheur, grâce à son neveu et à Brooklin. Un Paul Auster surprenant par la légèreté de son ton. 
Ce livre est plein d'optimiste, mais du plus beau, celui qui se nourrit de l'acceptation de la fragilité du bonheur et de nos existences.
Et, comme toujours avec Auster, impossible de terminer sa lecture sans développer une envie persistante d'aller soi-même à la rencontre de New York.


Kafka sur le rivage



Kafka, c'est un adolescent fugueur, un Œdipe du XXème siècle. Qui tente de fuir la prophétie dramatique révélée par son père.
Comme à son habitude Murakami transporte le lecteur dans un monde merveilleux (au sens premier du terme, c'est-à-dire où s'entremêlent la réalité quotidienne, le surnaturel et la magie), doux et violent à la fois. 
Où l'on comprend que l'on ne peut échapper à son destin. Mais que c'est au contraire en l'acceptant et lui faisant face que l'on devient soi-même et que l'on conquiert sa liberté.


L'art de la fugue



C'est cet art délicat que le héros, un jeune trentenaire un peu paumé, essaie d'acquérir tout au long du roman. Afin de fuir 1) une histoire d'amour qui s'effrite (voire même agonisante), 2) un job moyennement motivant, et 3) une famille ahurissante. McCauley a l'air de saisir toute la complexité, et la dureté, des liens filiaux en quelques mots bien choisis.


Chroniques de San Francisco



On suit la vie de Michael Tolliver, jeune homosexuel de San Francisco sur près de 30 ans. En 7 volumes. Chacun est indépendant l'un de l'autre, mais il est quand même plus agréable de les prendre dans l'ordre.
Ce qui reste surtout après cette lecture, c'est une énorme énergie, un état d'esprit positif et l'envie de faire partie de cette fabuleuse tribu de personnages improbables et attachants.

lundi 12 juillet 2010

Se dorer la pilule


L'expression est plus qu'appropriée à mon activité ces jours-ci. D'une part, je profite d'un super aqueduc patriotique pour essayer d'abandonner la couleur "cachet d'aspirine" au profit de quelque chose de plus doré. D'autre part, je ne fais rien pas grand chose. Le p'tit sushi est en effet exigeant et m'empêche de sombrer dans la léthargie la plus totale.

Pas de recette aujourd'hui, juste 2-3 belles choses. Mister S. ayant, dans sa grande bonté, accepté de renoncer à ses droits d'auteur, je peux partager quelques impressions de Santorin. Histoire d'avoir un peu plus l'esprit en vacances. Et de découvrir la "patrie" d'origine des tomatokeftedes du précédent billet.

Attention, précautions d'usage : se mettre au soleil, avec une boisson fraîche à portée de main et cliquer ici (absolument indispensable!!)


mercredi 7 juillet 2010

Soleil, soleil...


Enfin !!! Il est là. Celui qui s'est tant fait attendre. Tel un caméléon qui tâte maintes fois le terrain du bout de la patte avant d'avancer, l'été a fait son timide cette année. Nous laissant dans l'expectative : "Pourrais-je un jour profiter de ma magnifique robe à bretelles toute neuve ? Et mes tropéziennes, quand vais-je pouvoir les exhiber fièrement ?"

Cela fait maintenant quelques semaines à peine qu'il est installé et l'on se plaint pourtant déjà de son omnipotence. C'est vrai, il fait chaud. Mais c'est chouette, non ? Du soleil, de longues soirées en terrasse, pouvoir rédiger son billet du jour à 22h30 en profitant toujours de la lumière naturelle (enfin presque, faudra pas m'en vouloir s'il y a quelques fautes de frappe, je fais de la résistance anti-nucléaire).

Moi, mon truc, c'est au contraire de bien en profiter : mode estival ON. Les vacances ne sont pas encore à l'ordre du jour, pourtant là, installée sur mon lit devant ma fenêtre grande ouverte, j'initie ma peau à la notion exotique de bronzage (timidement quand même, histoire d'éviter l'étape "langouste ébouillantée"). Ou, suivant l'heure, d'un petit courant d'air bienvenu en fin de journée.

Idem côté cuisine : du vacancier, du dépaysant, du holiday-remider. C'est fou comme une assiette peut te transporter loin, te détendre, te mettre un peu de sable entre les orteils !
En cette saison, j'aime beaucoup la cuisine grecque (qui ne se résume pas à la salade tomates-feta de la brasserie du coin!!). D'abord pour le côté ensoleillé. Et iodé aussi ! Ensuite, parce que j'y ai passé d'excellentes vacances. D'ailleurs, si Mister S. veut bien se délester de ses droits d'auteur, je serai bien contente de pouvoir en partager un petit bout avec toi. ^^

En attendant, tomatokeftedes pour tout le monde !


Tomatokeftedes


Pour une vingtaine de beignets

500 g de tomates
environ 200 g de farine
1 courgette
2 grosses cs de chèvre frais
1 demi oignon blanc
50 g de feuilles de menthe
Sel, poivre
1 filet d’huile d'huile d'olive
1 cc de bicarbonate de soude
Huile de friture

Peler et épépiner les tomates. Garder le jus et les couper la chair en cubes. Mettre le tout dans un grand saladier. Ajouter la courgette pelée et râpée, le fromage, la menthe ciselée,l'oignon émincé, un filet d'huile d'olive et une pincée de sel. Incorporer la farine et le bicarbonate. La quantité de farine est très variable selon le volume du jus de tomate. A ajuster au mieux afin d'avoir une consistance "qui se tienne".
Faire chauffer l'huile dans une grande casserole. Attention à ce qu'elle ne soit pas trop chaude, sinon les beignets crament avant d'être bien cuits. A l'aide d'une cuillère à soupe, prélever un peu de pâte et déposer dans le bain d'huile. Laisser frire jusqu'à obtenir une belle coloration et déposer sur du papier absorbant. 

S'il reste de la pâte, elle peut se garder un jour au frigo. Il faudra alors ajouter un peu de farine pour lui redonner de la consistance.

jeudi 1 juillet 2010

Les mots bleus



Parce que je ne suis pas toujours de bonne humeur. Parce que certains jours sont moches. Parce que certaines évolutions se font nécessairement dans la douleur. Mais aussi parce qu'écrire me fait grandir. Un billet moins guilleret que d'habitude. 
Attention à toi, tu fais désormais face à mon côté obscur. Bienvenue sur les montagnes russes ! 

La peur me tétanise. Pourtant, j'assume mes choix. Et leurs conséquences. Mais comment raisonner une peur presque reptilienne, qui se nourrit d'elle-même ?
Forcément, c'est dans ces grands moments que l'on apprécie le mieux le superbe sens de l'humour de la vie (une sacrée marrante celle-là). Même à un tout petit niveau... Et c'est ainsi que, passant à travers le rideau niagaresque de mes larmes, je parviens à allumer la radio (histoire de me changer les idées, donc radio musicale, on va éviter les raz-de-marée et les cracks boursiers en boucle) et j'ai droit à ça : aouch, aïe, fait mal !!! Pas de lien avec les raisons de mon blackout, mais ça n'aide pas. Il en faut peu pour replonger dans les affres de l'appitoiement quand on se balance sur un seul pied vers le unsunny side of life. Donc je glisse encore un peu plus dans le brouillard, prise au piège dans la mauvaise boucle émotionnelle.

Jusqu'à présent, la nourriture était mon remède. Plaisir simple et immédiat qui agit comme un shout d'hormones euphorisantes. Avant de retomber plus bas parce que j'aurai définitivement trop mangé. Maintenant, plus que l'acte de manger en lui-même, c'est la composition qui m'allège. La mise en branle de mon imagination (même juste pour trouver que la coriandre, ça va bien avec le poisson) me réconforte un peu. Avec le net avantage de ne pas susciter de sentiment de culpabilité post-goinfrage.
De plus, ce que les aliments font à l'intérieur se voit à l'extérieur (je sais, c'est du plagiat, j'assume ; j'ai pas le moral, j'ai le droit !). D'où cette idée : cuisiner des plats "anti-déprime". Suis qu'à moitié convaincue, il faut bien le reconnaître. Mais je pense quand même que si l'organisme n'est pas encombré par de mauvaises graisses et des aliments trop difficiles à digérer, il fonctionne mieux. Et le moral s'en ressent nécessairement.
 
Super-héros de l'anti-déprime : le CHO-CO-LAT. ça tombe bien dis-donc !! Plus quelques amandes et du sucre roux qui se défendent pas mal aussi. On obtient des muffins amandes-chocolat. 
Plus agréable à avaler que du Prozac, non ?


Muffins amandes-chocolat




Pour 8 petits muffins
100 g de chocolat noir
75 g de sucre roux
50 g de purée d'amandes
50 g d'amandes  
20 g de Maïzena
2cs de crème épaisse légère
2 œufs


Préchauffer le four à 180°C. Faire fondre le chocolat au micro-ondes. Ajouter la purée d'amandes et bien mélanger. Ajouter le sucre, la crème, puis les œufs un par un. Bien mélanger.
Hacher grossièrement les amandes et les incorporer au mélange précédent.
Verser dans de petits moules et cuire environ 10 minutes.
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