mardi 10 juin 2014

Coup de chaud


Bob a chaud. 
Très chaud. 
A tel point que son cerveau ne peut formuler qu'une seule idée.
"J'ai. Chaud".
Il se le répète inlassablement depuis maintenant un temps déraisonnable.

"J'ai. Chaud".
A la naissance du phénomène, la pensée était plus structurée, la réactivité neuronale plus proche de celle que l'on s'attend à trouver chez les mammifères vertébrés à position verticale et pouces opposables.
"P'tain, ce qu'il fait chaud, me croirais dans un four moi".
Le soleil et ses rayons UV aux caractéristiques délétères variées faisant cependant leur oeuvre, la réflexion intime de Bob s'est progressivement réduite au plus strict nécessaire, asséchée telle la mer d'Aral, vidée de son essence.

"J'ai.Chaud".
Bob fait ce pesant constat pour la vingtième fois au moins et parvient enfin à faire émerger une autre idée.
"Faut. Bouger".
Oui, bouger. Pour aller chercher de l'eau par exemple. Ou, si l'on préfère rester prudent et ne pas se laisser subjuguer par une ambition mal placée, agiter fébrilement la main de manière à former un herstaz de courant d'air salvateur. L'idée, bien que simple, est bonne et pourrait grandement améliorer le bien-être de Bob. Bien-être qui, pour l'instant, ressemble davantage à celui que doit connaître un Inuit coincé dans un sauna déréglé qu'à celui d'un honnête travailleur profitant de son pique-nique dominical.

"Faut. Bouger".
L'effort qu'exige la reformulation de cette idée révolutionnaire viendrait presque à bout des dernières forces de Bob. Accablé, assoiffé, liquéfié, il est prêt à renoncer. Rendre les armes face aux attaques incessantes et toujours plus efficaces du soleil. Napoléon vantait la valeur du Général Hiver, il aurait été inspiré d'y adjoindre le Maréchal Soleil Estival.
Bob sait bien qu'il n'est pas de taille à résister plus longtemps. Toute l'eau de son corps s'est enfuie, bien consciente du danger d'évaporation fatale qui la guettait si elle s'attardait trop longtemps dans ce corps si mal adapté aux températures excédant les 20°C. Ses pensées grillent les unes après les autres, donnant à sa tête des airs de western Eastwood'iens. Ses muscles se momifient, ses os se craquellent.

"Chaud. Bouger".
C'est une question de vie ou de mort. Ce qu'il lui reste de conscience le sait bien.

Pourtant, il n'en fera rien. Sa 3ème place dans la file d'attente le lui interdit formellement. Il l'aura cette tarte aux citrons qui le fait saliver depuis des jours. S'il renonce, la pâtisserie fermera et la frustration viendra s'ajouter à la douleur de l'équivalent du séchage en machine option "Intense" qu'il est en train de vivre.
Donc, il serre les dents, imagine que le soleil n'est qu'une immense tarte aux citrons, et patiente sagement.
"J'ai. Chaud".


Ma tarte aux citrons





pâte
200 g de farine blanche + 50 g de farine intégrale
45 g de sucre roux
6 cs d'huile d'olive
1 pincée de sel
2 cs de fécule de maïs
environ 5 cs d'eau

crème vanillée
40 cl de lait de soja
3 cs de crème de riz
3 cs de sucre roux
2 gousses de vanille

garniture
3-4 citrons bios
2 cs de sucre roux
2 cs de sucre glace

Préchauffer le four à 180°C.
Commencer par préparer la pâte.
Dans un saladier, mélanger à la main les farines, le sel et l'huile. Ajouter l'eau peu à peu jusqu'à ce que la pâte forme une boule. Filmer et laisser reposer au réfrigérateur.

Il faut ensuite s'occuper de la crème.
Dans un casserole, faire chauffer le lait de soja à feu doux. Ajouter la crème de riz, le sucre et les graines de vanille obtenues en raclant les gousses avec la pointe d'un couteau. Continuer de chauffer le tout sans cesser de remuer. Retirer du feu quand la préparation a bien épaissie.
Laisser refroidir.

Laver les citrons et les émincer finement au couteau ou à l'aide d'une mandoline. Déposer les tranches dans un saladier pour les enrober avec le sucre.
Récupérer la pâte et foncer un moule. Répartir des haricots secs ou des billes spéciales afin de la cuire à blanc pendant une dizaine de minutes.
Laisser ensuite un peu refroidir la pâte avant de répartir la crème sur le fond. Il ne faut pas forcément tout mettre, cela dépend du goûte de chacun et de la taille du moule.
Répartir ensuite les rondelles de citrons et saupoudrer d'un peu de sucre juste avant d'enfourner.
Cuire pendant 40 minutes. La pâte doit être bien colorée et les citrons légèrement bronzés.

Dès sa sortie du four, saupoudrer la tarte avec un peu de sucre glace.
Laisser refroidir avant dégustation.





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mardi 3 juin 2014

Happy...



Il est de ces anniversaires dont on ne sait quoi faire. De ces dates un peu floues et transitoires coincées entre des chiffres autrement plus symboliques et des années plus décisives. 
4 ans est de ceux-là.

Fonctionnement neuronal étrange s'il est en que celui qui s'active dans le cerveau de Tombouctou. Seuls les chiffres impairs y trouvent une épaisse résonance. Les autres (1 sur 2 donc pour ceusses qui n'auraient pas suivi) se contentent de flotter en arrière-plan, certains ne parvenant même jamais à prendre forme. C'est ainsi que mes 34 ans n'ont jamais réellement existés, coincés entre des 33 graphiquement rigolos et des 35 mystiquement angoissants. 

Donc voilà, cette étrange et bavarde chose qu'est Much more than sushi vient d'avoir 4 ans. Pour peu, je pourrais presque commencer à te parler de la 5ème année tant j'ai mis du temps à terminer ce billet. Le p'tit sushi a vu le jour le 5 mai 2010, et pas le 3 juin, non d'un grain de riz ! Chaque année voit ma ponctualité se dégrader. 
Mais je m'accroche, je tiens bon. 
Ce n'est pas encore cette année que tu échapperas à la playlist "Anniversaire". ^_^

Pas de gâteau, mais des biscotti maintes fois plébiscités. N'hésite pas à remplacer le cerises par des cranberries, des abricots secs, du chocolat...


Biscotti amandes et cerises




Pour une trentaine de biscuits

300 g de farine T65
125 g de margarine bio
80 g de sucre roux
75 g de compote de pomme
1 cc de levure chimique
1 poignée d'amandes
1 poignée de cerises confites

Préchauffer le four à 180°C.
Dans un saladier, fouetter vivement la margarine et le sucre jusqu'à ce que le mélange soit bien homogène. Tout en continuant à remuer, ajouter progressivement la compote, le sirop, la farine et la levure, et enfin les manades et les cerises. L'appareil final doit être bien lisse.

Façonner 2 boudins légèrement aplatis d'environ 3 cm d'épaisseur. 
Les déposer sur une plaque à pâtisserie et enfourner pour 30 minutes. Ils doivent être légèrement dorés.

Laisser tiédir avant de découper les boudins en tranches de 1 cm de large.
Cuire à nouveau 10-15 minutes.
Laisser refroidir avant d'attaquer.




lundi 21 avril 2014

Latin loser


Les langues mortes ne le sont pas totalement. Et ça, c'est une bonne nouvelle. Elles continuent de faire vibrer nos larynx et oreilles régulièrement. Par petits bouts certes, avec de courtes phrases ou même quelques syllabes à peine. Mais qui suffisent à perpétuer ce souffle venu de loin, lancé par Caton l'Ancien, dynamisé par César, vivifié par Virgile, glorifié par Sénèque. Ces sons ont le goût des temps anciens, savent nous relier en quelques secondes à la sagesse ancestrale de ses illustres orateurs. Nous donnent de l'épaisseur et nous enracinent.

Ils ne sont cependant pas tous égaux devant la postérité. J'ai ainsi pu remarquer ces derniers temps, en errant un peu trop dans le ouèbe sauvage (c'est mal, je sais, surtout quand il y a du soleil particulé dehors) qu'une locution en particulier semblait rassembler de nombreux suffrages.
Deux mots très simples qui condensent à eux seuls une philosophie d'une profondeur et d'un raffinement bien souvent mal perçus. L'hédonisme d'ascèse est en effet un état bien délicat à atteindre. Pourtant, ses utilisateurs contemporains ne s'embarrassent pas de considérations sur l'incertitude du futur et la vacuité de la vie. On le sait, la quête de l'être cher peut s'avérer longue et rigoureuse. Raison de plus pour tenter de se démarquer de la foultitude testéronée environnante. Et c'est cependant par nuées dignes des pires invasions d'étourneaux que l'on voit fleurir ces deux petits mots sur les profils des affamés.

"Carpe diem" qu'ils disent. 

Comprendre "on baise ?" 

Un visionnage abusif du Cercle des poètes disparus, bien plus qu'une lecture assidue des classiques latins je le crains, aura sans nul doute contribué à créer ce raz-de-marée pseudo-érudit. Mais réellement "ad nauseam".
Ce cher Horace doit faire des bonds de désespoir dans sa tombe en constatant à quelles tristes fins sa philosophie est désormais utilisée.

NDLR : le p'tit sushi demande ici à sa lectrice bienveillante et adorée de bien vouloir accepter ses plates excuses pour cet accès soudain de grossièreté. Il est un peu honteux mais sait bien qu'il est vain de vouloir se cacher derrière un bouchon de stylo Bic.
Et pour te faire oublier bien vite ce malheureux dérapage, je te propose de faire le plein de fraîcheur avec un risotto printanier et un fond musical plus que sautillant et léger.


Risotto aux fraises


Pour 3-4 personnes

250 g de fraises bien parfumées
200 g de riz Arborio (ou de riz rond à défaut)
75 cl de bouillon de légumes (soit 75 cl d'eau bouillante + 1/2 bouillon cube de légumes)
5 cl de vin blanc sec
3 feuilles de basilic
2 cs d'huile d'olive
2 cs de yaourt de soja
1 petit oignon 
1 filet de vinaigre balsamique

Laver et nettoyer les fraises. Les couper en quartiers. Peler et émincer l'oignon.
Dans une sauteuse, faire chauffer l'huile, puis y faire cuire l'oignon à feu doux 5 minutes sans le colorer. Verser le riz, remuer 2 minutes jusqu'à ce qu'il devienne un peu translucide. Mouiller avec le vin blanc.
Une fois le vin évaporé, commencer la lente cuisson du risotto en ajoutant le bouillon louche à louche. Et en attendant la complète absorption d'une louche avant d'en ajouter une nouvelle.
Une fois la dernière louche versée et quasi évaporée, ajouter le basilic finement ciselé et les fraise. Remuer délicatement. Hors du feu, ajouter les 2 cs de yaourt et mélanger à nouveau. Conclure avec un filet de vinaigre balsamique.

La voix du bouchon : à déguster avec un vin blanc des Côtes Catalanes. Un Cadireta 2013, du Domaine Lafage que tu pourras notamment trouver chez le Petit Ballon. Ou tout autre vin blanc fruité et peu acide.


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mercredi 2 avril 2014

L'homme à l'âme pailletée


Une princesse et un homme
De la combinaison de ces mots résulte bien souvent des phrases comme :
L'homme valeureux enfourcha sans hésiter sa fière monture pour, derechef, aller sauver la princesse prisonnière des griffes du terrifiant dragon.
Ou encore :
L'homme contemporain, romantique frustré, espère secrètement, le cœur frémissant, qu'un beau matin, une flamboyante princesse viendra le sortir de sa morne routine et lui offrir joie et allégresse éternelles.
On le voit, "homme" (au sens XY du terme) et "princesse" (au sens froufroutant du terme), sont deux éléments complémentaires, identifiant chacun une personne bien distincte. Les deux ne peuvent être confondus.

Une princesse est un homme
La question se pose donc de savoir ce qu'il advient quand la princesse et l'homme ne font plus qu'un. Je t'entends déjà pousser de hauts cris interdits. 
"Impossible, une princesse ne peut être un homme, et réciproquement".
Je comprends ta surprise et ton emportement. Sache pourtant que ce cas de figure n'a rien d'hypothétique, ne se limite pas au statut d'idée saugrenue émergeant du cerveau bancal de Tombouctou.
L'homme-princesse existe, je l'ai rencontré. Alors oui, tes interjections croissantes viennent encore heurter mes délicates oreilles. 
"M'enfin, c'est comme les licornes à paillettes et la fée Dragée. Tout le monde en parle, croit avoir des preuves de leur existence, mais ce ne sont là que fariboles et vaines divagations".
Ta réaction est compréhensible. Pour autant, depuis maintenant bientôt 4 ans (!!!) que nous nous connaissons, tu devrais avoir davantage confiance en moi. Si je te dis que l'homme-princesse existe, c'est qu'il existe, tu peux me croire.

Laisse-moi te le décrire en quelques traits, cela t'aidera à visualiser le specimen.

L'homme-princesse est bondissant, joyeux, décomplexé du slip, avec une guimauve à la place du cœur. C'est avec la même bluffante dextérité qu'il manie l'humour aiguisé et le bâton de chef des majorettes. Il ne renonce jamais et sait rire des revers les plus cinglants. Enfin, son adoration pour Alf (et l'attrait très particulier pour les chats qui va nécessairement avec) fait que tu ne peux raisonnablement pas refuser de l'aimer.
Voilà, ça y est, ta carapace d'incrédulité se craquelle, tu commences à accepter l'idée qu'un tel hybride soit réel. Je le sens.
Tu es prête pour tenter une expérience inédite et vérifier par toi-même la véracité de mes propos.
Cours donc dans la salle de spectacle la plus proche de chez toi et prépare-toi à avoir, dans le désordre et avec une ampleur variable suivant tes dispositions personnelles : 
- mal au ventre, 
- des crampes aux zygomatiques, 
- des brûlures aux mains, 
- un shoot intense d'irrépressible bonne humeur.
Car tu vas rencontrer Jarry, l'atypique Jarry. (pour savoir où, clic clic clic).
Oui, atypique, pour un homme-princesse, c'est exactement le qualificatif qui s'impose.
Et pour le mélange pamplemousse-fraise du jour aussi. :)

edit du 3 avril 2014 : excellente nouvelle pour Paris, Jarry reviendra te faire rire en octobre.

Carrés moelleux pamplemousse-fraise




Pour une trentaine de carrés

Ingrédients pour la génoise
325 gr de farine T45 de préférence
200 gr de sucre blond
11 gr de levure
3 gr de bicarbonate de soude
3 pincées sel
50 gr d'huile
30 cl de lait de soja
15 cl de jus de pamplemousse
1,5 cl de jus de citron
le zeste de deux pamplemousses (ce qui correspond environ au nombre de fruits nécessaires pour obtenir 15 cl de jus)

Ingrédients pour le glaçage
100 g de sucre glace
2 cs d’eau chaude
2-3 gouttes d’arôme fraise
3 gouttes de colorant rouge (facultatif)


Préchauffer le four à 180°C.
Laver et zester les pamplemousses. Récupérer ensuite le jus.
Dans un saladier, mélanger tous les ingrédients secs (farine, sucre, levure, bicarbonate et sel). Dans un autre récipient, verser le lait, le jus de pamplemousse, le jus de citron et l’huile. Mélanger et verser peu à peu sur les ingrédients secs tout en mélangeant. Terminer par l’ajout des zestes.


Pour la suite de la recette, je t'invite à aller dans ma désormais officielle deuxième maison, Newmanity.




 


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lundi 17 mars 2014

This life could be the last

(cherche pas de rapport avec le titre, c'est juste que Muse me berce pendant que je t'écris)

Aujourd'hui, petite leçon de choses. 
Vient donc te promener avec moi dans les méandres du cerveau humain. Je ne me prends pas pour l'excellent Professeur Moustache  exerçant chez Tu mourras moins bête. Mon inspiration vient d'un autre surdoué du crayon, Boulet. Qui perçoit la musique comme un papier peint. Et m'a fait découvrir la notion de synesthésie.
Il s'agit d'un phénomène neuronal associant deux ou plusieurs sens. Ses manifestations les plus fréquentes sont :
- la synesthésie "graphèmes-couleurs" : les lettres ou les nombres sont perçus comme des couleurs
- la synesthésie numérique : les nombres sont associés à des positions bien déterminées dans l'espace
- la synesthésie musicale : les sons sont perçus comme des couleurs (voir un morceau de musique comme un grand feu d'artifice, ça fait rêver, non ?)
En tout, il existerait 152 types différents de synesthésies.

Mon expérience personnelle me pousse à ajouter une 153ème variante : la synesthésie dansante. Ou quand musique et danse ne peuvent être dissociées.
Je ne peux en effet m'empêcher de plaquer une chorégraphie au moindre son (musical) qui fait vibrer mes tympans. C'est immédiat, instantané, sans restriction de style ou d'interprète.
Il est même probable que sans l'aide avisée du sens aigu du ridicule qui m'habite j'agirais comme l'héroïne de Je sens le beat qui monte en moi. Et me mettrais à danser également hors de ma tête (note bien cependant que la chose peut se produire en privé).


Car cette distorsion des sens, passant de l'oreille au corps, survient en tous lieux.

Dans la file d'attente du Monop', où Pharrell Williams est trop Happy d'être le numéro 5.

Au Starbucks où Gainsbourg voit la vie couleur café.


Avec le casque sur les oreilles dans mon open space très féminisé, confortant Beyoncé dans son idée que ce sont les girls who run the world.


En courant même, quand Timber Timbre me confirme que, pour être heureuse, all I need is some sunshine.



Je peux t'assurer qu'il faut une bonne dose de concentration pour continuer à aligner bêtement les petites foulées alors qu'un enchaînement bien plus construit et harmonieux défile dans ton imaginaire. Mon corps a du mal à saisir pour quelles raisons ses mouvements ne correspondent pas à ceux dessinés par le cerveau qui est censé le diriger.

Synesthésie dansante donc, cette appellation semble convenir, non ?
Quoique, une autre serait peut-être plus juste : "déformation neuronale d'une chorégraphe ratée et donc frustrée". 
Doublée d'une piètre danseuse, incapable de retomber élégamment sur ses pieds pour te délivrer la recette du jour.


Tarte à l'indienne




Garniture
1 gros poireau (environ 170 g)
2-3 carottes (environ 170 g)
125 g de tofu au curry 
40 cl de soja cuisine
2 cc de curry (le Tradition de Ducros pas exemple)
1/2 cc de curcuma
sel

Pâte
160 g de farine T65
80 g d'une autre farine (kamut par exemple)
4 cs d'huile neutre
4-5 cs d'eau
sel

Commencer par préparer la pâte.
Dans un saladier, mélanger les farines, une pincée de sel et l'huile. Malaxer avec la main en ajoutant peu à peu l'eau, et ce jusqu'à ce que la pâte forme une boule homogène.

Préchauffer le four à 180-200°C.
Laver et nettoyer les légumes. Émincer le poireau et râper les carottes (avec une lame à grosses dents). Débiter le tofu en cubes.
Dans un bol, mélanger la crème, le curry, le curcuma et une pincée de sel.
Foncer un moule à tarte avec la pâte. 
Répartir les légumes, le tofu et couvrir avec la crème.
Cuire un trentaine de minutes, ou jusqu'à ce que la pâte soit bien dorée.

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mardi 25 février 2014

Le goût de la terre


Si l'on y réfléchit bien, le chou est une sorte d'énigme. Est-il un légume ou un produit aux vertus magiques ?

Aux dires de certains qui trustent les ondes ces temps-ci, le chou ne serait pas le légume que l'on croit. Il serait en réalité un organe reproducteur externe façonnant exclusivement de dodus et roses petits garçons. 
Étonnant, non ? Qu'un petit d'homme puisse se développer, croitre et prospérer loin de tout élément humain. Qu'il sorte tout frétillant d'un végétal à la couleur si marquée sans en garder la moindre trace.

Pour d'autres, c'est par son entremise que nous pourrions communiquer avec les petits hommes verts. Il est vrai que son odeur peut être assez forte et prend plaisir à se répandre dans le moindre espace laissé vacant. Mais tout de même, de là à gagner le fond de la galaxie... Même le Capitaine Flam a du mal à passer partout. 
Là encore, je me permettrais donc d'émettre une réserve.

N'écoutant dès lors que ma curiosité scientifique, je me suis lancée dans une analyse empirique du specimen. Armée du plus aiguisé de mes couteaux, le bras ferme mais le cœur tremblant (que faire si je tombe nez-à-nez avec un bond bébé ?), j'ai entrepris de disséquer consciencieusement ce vert feuillu.
Et je tiens enfin ma réponse ! Je peux t'affirmer que le chou est bien habité, que ses larges feuilles abritent de la vie "animale". Mais pas celle que l'on croit.
A moins que les bébés ne ressemblent désormais à de grises limaces... :)


Chou vert au gingembre




Pour 4 personnes

1 petit chou vert
1 carottes
1 oignon
1 gousse d'ail
quelques champignons noirs séchés
1 cs de gingembre (Cochin de préférence, il est plus fort en goût. Gentiment fourni par Ducros)
huile d'olive
margarine
sel et; poivre

Commencer par réhydrater les champignons en les laissant tremper dans un bol d'eau chaude.
Détacher toutes les feuilles du chou en laissant de côté les plus épaisses. Les laver et les faire blanchir dans de l'eau bouillante salé pendant 3 minutes. Égoutter.

Pour la suite de la recette, je t'invite à aller dans ma désormais officielle deuxième maison, Newmanity.

 





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mercredi 19 février 2014

Quand le vin se met au vert

Nous nous connaissons depuis bientôt quatre ans (!!!) et, pourtant, il y a encore des choses que tu ignores sur moi. Heureusement, sans aucun doute. Car il n'est pas souhaitable d'être totalement transparent. Cependant, une de mes particularités ne peut plus t'être cachée car elle revendique chaque jour plus fortement son droit à l'existence. Je me dois de t'avouer que je ne suis pas une humaine tout à fait comme les autres.
En effet, contrairement à la grande majorité de mes congénères, le liquide qui irrigue mes veines et mon corps n'est pas composé d'hématies, de leucocytes et autres éléments cellulaires organiques. Sa couleur est pourtant quasi identique. Mais il contient surtout de l'eau et de l'alcool éthylique.
Je n'y peux rien, je suis tombée dans un tonneau de chêne centenaire avant même ma naissance. 
Quelle que soit l'ascendance considérée, le vin est présent : viticulture d'un côté, restauration de l'autre. Il était grand temps que je prête enfin attention à la voix de mes ancêtres. Et que j'inaugure donc un nouvel espace chez le p'tit sushi, celui de la cave. :)
Car oui, les carottes et le tofu aussi ont le droit d'être élégamment accompagnés. Ce privilège doit être arraché au gibier et autres poissons grillés.

Pour bien commencer, je fais appel à l'assistance dévouée de mon fournisseur préféré, le Petit Ballon. Oui, je fais preuve ici de favoritisme éhontément subjectif, et je l'assume. Quand on a la chance d'avoir des amis qui font de belles choses, il ne faut pas avoir honte d'en parler.
Surtout que ce p'tit ballon-là a la riche idée de proposer un Minervois en "fond de cave" (c'est-à-dire en offre permanente sur son site).


Château Villerambert Julien - Esprit de Trianon 2008


Le Minervois, c'est ma potion magique à moi. C'est un vin riche et puissant, où l'on sent la chaleur du Sud, la vigueur des montagnes naissantes et toute la richesse de la garrigue.
Malheureusement, je ne sais pas encore très bien parler d'un vin. Je vais apprendre !
Heureusement, tu trouveras toutes les informations nécessaires ici. Et tu n'oublieras pas que l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, tu te dois de le consommer avec modération.

Finalement, il fait merveille avec un risotto aux champignons !

Risotto de champignons à la truffe



Pour 4 personnes

300 g de riz Arborio (ou de riz rond)
500 g de champignons de Paris
1 litre d’eau chaude
15 cl de vin blanc sec
5 cs d’huile d’olive
3 échalotes
1 gousse d’ail
1 bouillon cube de légumes
1 gousse d’ail
1 cs d’huile à la truffe

Nettoyer les champignons, enlever la terre au pied à l’aide d’un couteau et découper seulement les plus gros en morceaux.
Dans une poêle antiadhésive, faire chauffer 2 cs d’huile d’olive avec une ½ gousse d’ail et faire cuire les champignons à feu vif, sans mélanger, jusqu’à ce qu’ils aient rendu toute leur eau. Remuer, baisser le feu et laisser cuire 2-3 minutes. Réserver au chaud.

Faire chauffer l’eau, émietter le bouillon cube et maintenir au chaud. 

Dans une sauteuse, faire revenir les échalotes émincées et la gousse d’ail finement hachée avec l’huile d’olive pendant 5 minutes à feu doux. Verser le riz et mélanger à feu vif pendant 2 minutes. 
Il doit devenir translucide sans colorer. 
Mouiller avec le vin et laisser évaporer. Baisser le feu et ajouter louche après louche le bouillon chaud, en remuant un peu. Il faut attendre que tout le bouillon soit absorbé avant d’en rajouter.
Lorsqu’il ne reste plus qu’une louche de bouillon, ajouter les champignons et terminer la cuisson.

Hors du feu, ajouter l’huile de truffe, mélanger et laisser le risotto reposer 2 minutes à couvert avant de servir.

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mardi 21 janvier 2014

La grande initiation


Une petite salle aux faux airs de couloir "vielle administration". 
Quelques éléments mobiliers au design célèbre sous le nom de "style no style".
Une lumière au nombre d'ampoules rigoureusement contrôlé de manière à créer une ambiance glorifiant les économies d'énergie.
D’improbables imprimés fleuris-défraîchis de rigueur venant parfaire à la perfection cette ambiance toute Deschien'esque.
Enfin, à la stricte condition que ladite troupe ait subitement décidé d'émigrer en Inde !

Car, ne nous y trompons pas (et je t'invite, chère lectrice, à ne point te laisser berner). Ce délicat et fortifiant fumet qui gagne lentement mes narines ne trouve point son origine dans "notre terroir". 
Étrangement, cette exotique odeur sait délicatement me rassurer. J'ose m'asseoir, tendre la main afin d'y accueillir le menu, le lire. Puis choisir. Au hasard, il va sans dire. En croisant les doigts pour que mon pifomètre soit dans un bon jour.

Une fois la commande passée, l'attente me laisse le temps d'ajouter 2-3 incantations pleines d'espoir ("pourvu que mon estomac résiste !") à mon souhait initial.
Quand le plat arrive.
Voilà.
Il est là.
Je le regarde avec la plus grande des curiosités. Il se laisse faire avec le plus détaché des dédains. L'hésitation n'est plus de mise, je dois me lancer.
Un peu de riz, un peu de cet étrange mélange coloré.
Enfourner - Mastiquer - Déglutir.
Le programme est clair.
Mais s'évapore à peine ma fourchette s'est-elle hissée jusqu'à ma bouche. D'un coup d'un seul, comme si la fée Clochette avait déversé toute sa réserve de poudre magique sur mon nez, je suis irrémédiablement téléportée ailleurs.
Mes papilles s'affolent et enclenchent l'alarme niveau 1, submergées qu'elles sont par tant de saveurs riches et fines à la fois.
Je n'y comprends rien. A y regarder de plus près, il ne s'agit là que de légumes mijotés. Avec un peu de riz, histoire de bien caler tout estomac affamé.

J'étais bête avant, non ? Je ne connaissais rien à la cuisine indienne. Je ne savais pas que le Korma (et son petit cousin le Biryani) allait devenir mon plat favori.
Pour être totalement précise (et la précision, je peux te dire que c'est important pour une fille à forte tendance poisson-rouge-qui-aime-bien-le-bazar comme moi), c'est le korma d'aubergines qui occupe la 1ère place dans mon cœur.
Mais, ce n'est pas la saison (et la saisonnalité, c'est le 2nd pilier incontournable de ma si riche personnalité). Donc, tu as droit à un korma de carottes. En attendant... :)


Korma hivernal





Pour 4 personnes

600 g de légumes de saison (carottes, choux fleurs, pommes de terre, navets, etc.)
50 g de noix de cajou
20 cl de lait de soja
1 gros oignon
2 gousses d’ail
2 capsules de cardamome dont on aura extrait et pilé les graines
2 feuilles de laurier
1 cs de curry
½ cc de curcuma
½ cc de cumin en poudre
½ cc de gingembre
Du poivre et du sel
De l’huile neutre

Peler et émincer l’oignon.
Faire chauffer un peu d’huile dans une poêle et y faire revenir l’oignon, l’ail et le gingembre. Quand le mélange commence à colorer, ajouter les ¾ des noix de cajou et laisser dorer une minute.
Retirer du feu, ajouter 5 cl de lait et réduire en pâte à l’aide d’un mixeur.


Pour la suite de la recette, je t'invite à aller dans ma désormais officielle deuxième maison, Newmanity.








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