mercredi 2 avril 2014

L'homme à l'âme pailletée


Une princesse et un homme
De la combinaison de ces mots résulte bien souvent des phrases comme :
L'homme valeureux enfourcha sans hésiter sa fière monture pour, derechef, aller sauver la princesse prisonnière des griffes du terrifiant dragon.
Ou encore :
L'homme contemporain, romantique frustré, espère secrètement, le cœur frémissant, qu'un beau matin, une flamboyante princesse viendra le sortir de sa morne routine et lui offrir joie et allégresse éternelles.
On le voit, "homme" (au sens XY du terme) et "princesse" (au sens froufroutant du terme), sont deux éléments complémentaires, identifiant chacun une personne bien distincte. Les deux ne peuvent être confondus.

Une princesse est un homme
La question se pose donc de savoir ce qu'il advient quand la princesse et l'homme ne font plus qu'un. Je t'entends déjà pousser de hauts cris interdits. 
"Impossible, une princesse ne peut être un homme, et réciproquement".
Je comprends ta surprise et ton emportement. Sache pourtant que ce cas de figure n'a rien d'hypothétique, ne se limite pas au statut d'idée saugrenue émergeant du cerveau bancal de Tombouctou.
L'homme-princesse existe, je l'ai rencontré. Alors oui, tes interjections croissantes viennent encore heurter mes délicates oreilles. 
"M'enfin, c'est comme les licornes à paillettes et la fée Dragée. Tout le monde en parle, croit avoir des preuves de leur existence, mais ce ne sont là que fariboles et vaines divagations".
Ta réaction est compréhensible. Pour autant, depuis maintenant bientôt 4 ans (!!!) que nous nous connaissons, tu devrais avoir davantage confiance en moi. Si je te dis que l'homme-princesse existe, c'est qu'il existe, tu peux me croire.

Laisse-moi te le décrire en quelques traits, cela t'aidera à visualiser le specimen.

L'homme-princesse est bondissant, joyeux, décomplexé du slip, avec une guimauve à la place du cœur. C'est avec la même bluffante dextérité qu'il manie l'humour aiguisé et le bâton de chef des majorettes. Il ne renonce jamais et sait rire des revers les plus cinglants. Enfin, son adoration pour Alf (et l'attrait très particulier pour les chats qui va nécessairement avec) fait que tu ne peux raisonnablement pas refuser de l'aimer.
Voilà, ça y est, ta carapace d'incrédulité se craquelle, tu commences à accepter l'idée qu'un tel hybride soit réel. Je le sens.
Tu es prête pour tenter une expérience inédite et vérifier par toi-même la véracité de mes propos.
Cours donc dans la salle de spectacle la plus proche de chez toi et prépare-toi à avoir, dans le désordre et avec une ampleur variable suivant tes dispositions personnelles : 
- mal au ventre, 
- des crampes aux zygomatiques, 
- des brûlures aux mains, 
- un shoot intense d'irrépressible bonne humeur.
Car tu vas rencontrer Jarry, l'atypique Jarry. (pour savoir où, clic clic clic).
Oui, atypique, pour un homme-princesse, c'est exactement le qualificatif qui s'impose.
Et pour le mélange pamplemousse-fraise du jour aussi. :)

edit du 3 avril 2014 : excellente nouvelle pour Paris, Jarry reviendra te faire rire en octobre.

Carrés moelleux pamplemousse-fraise




Pour une trentaine de carrés

Ingrédients pour la génoise
325 gr de farine T45 de préférence
200 gr de sucre blond
11 gr de levure
3 gr de bicarbonate de soude
3 pincées sel
50 gr d'huile
30 cl de lait de soja
15 cl de jus de pamplemousse
1,5 cl de jus de citron
le zeste de deux pamplemousses (ce qui correspond environ au nombre de fruits nécessaires pour obtenir 15 cl de jus)

Ingrédients pour le glaçage
100 g de sucre glace
2 cs d’eau chaude
2-3 gouttes d’arôme fraise
3 gouttes de colorant rouge (facultatif)


Préchauffer le four à 180°C.
Laver et zester les pamplemousses. Récupérer ensuite le jus.
Dans un saladier, mélanger tous les ingrédients secs (farine, sucre, levure, bicarbonate et sel). Dans un autre récipient, verser le lait, le jus de pamplemousse, le jus de citron et l’huile. Mélanger et verser peu à peu sur les ingrédients secs tout en mélangeant. Terminer par l’ajout des zestes.


Pour la suite de la recette, je t'invite à aller dans ma désormais officielle deuxième maison, Newmanity.




 


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lundi 17 mars 2014

This life could be the last

(cherche pas de rapport avec le titre, c'est juste que Muse me berce pendant que je t'écris)

Aujourd'hui, petite leçon de choses. 
Vient donc te promener avec moi dans les méandres du cerveau humain. Je ne me prends pas pour l'excellent Professeur Moustache  exerçant chez Tu mourras moins bête. Mon inspiration vient d'un autre surdoué du crayon, Boulet. Qui perçoit la musique comme un papier peint. Et m'a fait découvrir la notion de synesthésie.
Il s'agit d'un phénomène neuronal associant deux ou plusieurs sens. Ses manifestations les plus fréquentes sont :
- la synesthésie "graphèmes-couleurs" : les lettres ou les nombres sont perçus comme des couleurs
- la synesthésie numérique : les nombres sont associés à des positions bien déterminées dans l'espace
- la synesthésie musicale : les sons sont perçus comme des couleurs (voir un morceau de musique comme un grand feu d'artifice, ça fait rêver, non ?)
En tout, il existerait 152 types différents de synesthésies.

Mon expérience personnelle me pousse à ajouter une 153ème variante : la synesthésie dansante. Ou quand musique et danse ne peuvent être dissociées.
Je ne peux en effet m'empêcher de plaquer une chorégraphie au moindre son (musical) qui fait vibrer mes tympans. C'est immédiat, instantané, sans restriction de style ou d'interprète.
Il est même probable que sans l'aide avisée du sens aigu du ridicule qui m'habite j'agirais comme l'héroïne de Je sens le beat qui monte en moi. Et me mettrais à danser également hors de ma tête (note bien cependant que la chose peut se produire en privé).


Car cette distorsion des sens, passant de l'oreille au corps, survient en tous lieux.

Dans la file d'attente du Monop', où Pharrell Williams est trop Happy d'être le numéro 5.

Au Starbucks où Gainsbourg voit la vie couleur café.


Avec le casque sur les oreilles dans mon open space très féminisé, confortant Beyoncé dans son idée que ce sont les girls who run the world.


En courant même, quand Timber Timbre me confirme que, pour être heureuse, all I need is some sunshine.



Je peux t'assurer qu'il faut une bonne dose de concentration pour continuer à aligner bêtement les petites foulées alors qu'un enchaînement bien plus construit et harmonieux défile dans ton imaginaire. Mon corps a du mal à saisir pour quelles raisons ses mouvements ne correspondent pas à ceux dessinés par le cerveau qui est censé le diriger.

Synesthésie dansante donc, cette appellation semble convenir, non ?
Quoique, une autre serait peut-être plus juste : "déformation neuronale d'une chorégraphe ratée et donc frustrée". 
Doublée d'une piètre danseuse, incapable de retomber élégamment sur ses pieds pour te délivrer la recette du jour.


Tarte à l'indienne




Garniture
1 gros poireau (environ 170 g)
2-3 carottes (environ 170 g)
125 g de tofu au curry 
40 cl de soja cuisine
2 cc de curry
1/2 cc de curcuma
sel

Pâte
160 g de farine T65
80 g d'une autre farine (kamut par exemple)
4 cs d'huile neutre
4-5 cs d'eau
sel

Commencer par préparer la pâte.
Dans un saladier, mélanger les farines, une pincée de sel et l'huile. Malaxer avec la main en ajoutant peu à peu l'eau, et ce jusqu'à ce que la pâte forme une boule homogène.

Préchauffer le four à 180-200°C.
Laver et nettoyer les légumes. Émincer le poireau et râper les carottes (avec une lame à grosses dents). Débiter le tofu en cubes.
Dans un bol, mélanger la crème, le curry, le curcuma et une pincée de sel.
Foncer un moule à tarte avec la pâte. 
Répartir les légumes, le tofu et couvrir avec la crème.
Cuire un trentaine de minutes, ou jusqu'à ce que la pâte soit bien dorée.

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mardi 25 février 2014

Le goût de la terre


Si l'on y réfléchit bien, le chou est une sorte d'énigme. Est-il un légume ou un produit aux vertus magiques ?

Aux dires de certains qui trustent les ondes ces temps-ci, le chou ne serait pas le légume que l'on croit. Il serait en réalité un organe reproducteur externe façonnant exclusivement de dodus et roses petits garçons. 
Étonnant, non ? Qu'un petit d'homme puisse se développer, croitre et prospérer loin de tout élément humain. Qu'il sorte tout frétillant d'un végétal à la couleur si marquée sans en garder la moindre trace.

Pour d'autres, c'est par son entremise que nous pourrions communiquer avec les petits hommes verts. Il est vrai que son odeur peut être assez forte et prend plaisir à se répandre dans le moindre espace laissé vacant. Mais tout de même, de là à gagner le fond de la galaxie... Même le Capitaine Flam a du mal à passer partout. 
Là encore, je me permettrais donc d'émettre une réserve.

N'écoutant dès lors que ma curiosité scientifique, je me suis lancée dans une analyse empirique du specimen. Armée du plus aiguisé de mes couteaux, le bras ferme mais le cœur tremblant (que faire si je tombe nez-à-nez avec un bond bébé ?), j'ai entrepris de disséquer consciencieusement ce vert feuillu.
Et je tiens enfin ma réponse ! Je peux t'affirmer que le chou est bien habité, que ses larges feuilles abritent de la vie "animale". Mais pas celle que l'on croit.
A moins que les bébés ne ressemblent désormais à de grises limaces... :)


Chou vert au gingembre




Pour 4 personnes

1 petit chou vert
1 carottes
1 oignon
1 gousse d'ail
quelques champignons noirs séchés
1 cs de gingembre (Cochin de préférence, il est plus fort en goût. Gentiment fourni par Ducros)
huile d'olive
margarine
sel et; poivre

Commencer par réhydrater les champignons en les laissant tremper dans un bol d'eau chaude.
Détacher toutes les feuilles du chou en laissant de côté les plus épaisses. Les laver et les faire blanchir dans de l'eau bouillante salé pendant 3 minutes. Égoutter.

Pour la suite de la recette, je t'invite à aller dans ma désormais officielle deuxième maison, Newmanity.

 





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mercredi 19 février 2014

Quand le vin se met au vert

Nous nous connaissons depuis bientôt quatre ans (!!!) et, pourtant, il y a encore des choses que tu ignores sur moi. Heureusement, sans aucun doute. Car il n'est pas souhaitable d'être totalement transparent. Cependant, une de mes particularités ne peut plus t'être cachée car elle revendique chaque jour plus fortement son droit à l'existence. Je me dois de t'avouer que je ne suis pas une humaine tout à fait comme les autres.
En effet, contrairement à la grande majorité de mes congénères, le liquide qui irrigue mes veines et mon corps n'est pas composé d'hématies, de leucocytes et autres éléments cellulaires organiques. Sa couleur est pourtant quasi identique. Mais il contient surtout de l'eau et de l'alcool éthylique.
Je n'y peux rien, je suis tombée dans un tonneau de chêne centenaire avant même ma naissance. 
Quelle que soit l'ascendance considérée, le vin est présent : viticulture d'un côté, restauration de l'autre. Il était grand temps que je prête enfin attention à la voix de mes ancêtres. Et que j'inaugure donc un nouvel espace chez le p'tit sushi, celui de la cave. :)
Car oui, les carottes et le tofu aussi ont le droit d'être élégamment accompagnés. Ce privilège doit être arraché au gibier et autres poissons grillés.

Pour bien commencer, je fais appel à l'assistance dévouée de mon fournisseur préféré, le Petit Ballon. Oui, je fais preuve ici de favoritisme éhontément subjectif, et je l'assume. Quand on a la chance d'avoir des amis qui font de belles choses, il ne faut pas avoir honte d'en parler.
Surtout que ce p'tit ballon-là a la riche idée de proposer un Minervois en "fond de cave" (c'est-à-dire en offre permanente sur son site).


Château Villerambert Julien - Esprit de Trianon 2008


Le Minervois, c'est ma potion magique à moi. C'est un vin riche et puissant, où l'on sent la chaleur du Sud, la vigueur des montagnes naissantes et toute la richesse de la garrigue.
Malheureusement, je ne sais pas encore très bien parler d'un vin. Je vais apprendre !
Heureusement, tu trouveras toutes les informations nécessaires ici. Et tu n'oublieras pas que l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, tu te dois de le consommer avec modération.

Finalement, il fait merveille avec un risotto aux champignons !

Risotto de champignons à la truffe



Pour 4 personnes

300 g de riz Arborio (ou de riz rond)
500 g de champignons de Paris
1 litre d’eau chaude
15 cl de vin blanc sec
5 cs d’huile d’olive
3 échalotes
1 gousse d’ail
1 bouillon cube de légumes
1 gousse d’ail
1 cs d’huile à la truffe

Nettoyer les champignons, enlever la terre au pied à l’aide d’un couteau et découper seulement les plus gros en morceaux.
Dans une poêle antiadhésive, faire chauffer 2 cs d’huile d’olive avec une ½ gousse d’ail et faire cuire les champignons à feu vif, sans mélanger, jusqu’à ce qu’ils aient rendu toute leur eau. Remuer, baisser le feu et laisser cuire 2-3 minutes. Réserver au chaud.

Faire chauffer l’eau, émietter le bouillon cube et maintenir au chaud. 

Dans une sauteuse, faire revenir les échalotes émincées et la gousse d’ail finement hachée avec l’huile d’olive pendant 5 minutes à feu doux. Verser le riz et mélanger à feu vif pendant 2 minutes. 
Il doit devenir translucide sans colorer. 
Mouiller avec le vin et laisser évaporer. Baisser le feu et ajouter louche après louche le bouillon chaud, en remuant un peu. Il faut attendre que tout le bouillon soit absorbé avant d’en rajouter.
Lorsqu’il ne reste plus qu’une louche de bouillon, ajouter les champignons et terminer la cuisson.

Hors du feu, ajouter l’huile de truffe, mélanger et laisser le risotto reposer 2 minutes à couvert avant de servir.

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mardi 21 janvier 2014

La grande initiation


Une petite salle aux faux airs de couloir "vielle administration". 
Quelques éléments mobiliers au design célèbre sous le nom de "style no style".
Une lumière au nombre d'ampoules rigoureusement contrôlé de manière à créer une ambiance glorifiant les économies d'énergie.
D’improbables imprimés fleuris-défraîchis de rigueur venant parfaire à la perfection cette ambiance toute Deschien'esque.
Enfin, à la stricte condition que ladite troupe ait subitement décidé d'émigrer en Inde !

Car, ne nous y trompons pas (et je t'invite, chère lectrice, à ne point te laisser berner). Ce délicat et fortifiant fumet qui gagne lentement mes narines ne trouve point son origine dans "notre terroir". 
Étrangement, cette exotique odeur sait délicatement me rassurer. J'ose m'asseoir, tendre la main afin d'y accueillir le menu, le lire. Puis choisir. Au hasard, il va sans dire. En croisant les doigts pour que mon pifomètre soit dans un bon jour.

Une fois la commande passée, l'attente me laisse le temps d'ajouter 2-3 incantations pleines d'espoir ("pourvu que mon estomac résiste !") à mon souhait initial.
Quand le plat arrive.
Voilà.
Il est là.
Je le regarde avec la plus grande des curiosités. Il se laisse faire avec le plus détaché des dédains. L'hésitation n'est plus de mise, je dois me lancer.
Un peu de riz, un peu de cet étrange mélange coloré.
Enfourner - Mastiquer - Déglutir.
Le programme est clair.
Mais s'évapore à peine ma fourchette s'est-elle hissée jusqu'à ma bouche. D'un coup d'un seul, comme si la fée Clochette avait déversé toute sa réserve de poudre magique sur mon nez, je suis irrémédiablement téléportée ailleurs.
Mes papilles s'affolent et enclenchent l'alarme niveau 1, submergées qu'elles sont par tant de saveurs riches et fines à la fois.
Je n'y comprends rien. A y regarder de plus près, il ne s'agit là que de légumes mijotés. Avec un peu de riz, histoire de bien caler tout estomac affamé.

J'étais bête avant, non ? Je ne connaissais rien à la cuisine indienne. Je ne savais pas que le Korma (et son petit cousin le Biryani) allait devenir mon plat favori.
Pour être totalement précise (et la précision, je peux te dire que c'est important pour une fille à forte tendance poisson-rouge-qui-aime-bien-le-bazar comme moi), c'est le korma d'aubergines qui occupe la 1ère place dans mon cœur.
Mais, ce n'est pas la saison (et la saisonnalité, c'est le 2nd pilier incontournable de ma si riche personnalité). Donc, tu as droit à un korma de carottes. En attendant... :)


Korma hivernal





Pour 4 personnes

600 g de légumes de saison (carottes, choux fleurs, pommes de terre, navets, etc.)
50 g de noix de cajou
20 cl de lait de soja
1 gros oignon
2 gousses d’ail
2 capsules de cardamome dont on aura extrait et pilé les graines
2 feuilles de laurier
1 cs de curry
½ cc de curcuma
½ cc de cumin en poudre
½ cc de gingembre
Du poivre et du sel
De l’huile neutre

Peler et émincer l’oignon.
Faire chauffer un peu d’huile dans une poêle et y faire revenir l’oignon, l’ail et le gingembre. Quand le mélange commence à colorer, ajouter les ¾ des noix de cajou et laisser dorer une minute.
Retirer du feu, ajouter 5 cl de lait et réduire en pâte à l’aide d’un mixeur.


Pour la suite de la recette, je t'invite à aller dans ma désormais officielle deuxième maison, Newmanity.








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lundi 23 décembre 2013

En attendant la neige


(précaution d'usage : va lancer le lecteur de musique qui se trouve en fin d'article, et revient ensuite ici)

Une salle froide et impersonnelle, où les bureaux ternes et rudes s'enchaînent à l'infini. Quelques êtres égarés au regard vide et cependant plein d'attentes entrent par grappe, hésitent, avancent maladroitement avant de s'encastrer tant bien que mal dans un bureau trop exigu pour eux.
Un froid silence inonde leurs oreilles. Elles pourraient presque en geler.

Puis, quelque chose change. Un bruit se matérialise peu à peu. Comme des pas. Oui, c'est ça, quelqu'un approche à pas lourds et lents. Cette onde sonore s'incarne finalement dans la figure, qui devrait être bonhomme mais est simplement attristante, d'un homme sans âge. Trop chevelu, trop barbu, trop ventru. Après quelques pas, il se dresse face aux dizaines d'yeux inquiets qui n'attendent qu'un mot de lui.

"Le 25 décembre, c'est Noël. Vous illustrerez et argumenterez ce propos à l'aide d'exemples choisis et d'images adéquates. Vous avez 4 heures."

Immédiatement, le silence revient. A une vitesse telle qu'on croirait qu'il attendait tapi dans l'ombre et aux aguets comme le plus aguerris des félins.
L'homme se tourne, traînent de nouveau lourdement ses pieds, et disparaît derrière son bureau.
Les bruits de plume grattant le papier commencent à émerger de-ci de-là.
Et la panique m'envahit.

Les mots qui viennent d'être lâchés résonnent violemment dans ma tête, s'acharnant à rebondir sur chaque aspérité de mon cerveau. Sans montrer le moindre signe d'accalmie.
Noël...

Il faut que je parle de Noël.

A l'énoncé de cette phrase, seul un grand vide s'offre à moi. Il semblerait que l'ensemble des mes pensées, sentiments, joies, rancœurs, s'envolent comme la plus sauvage des nuées d'étourneaux à la moindre évocation de cette période calendaire.
Bon sang, ce n'est pas possible. Je ne suis tout de même pas aussi vide que ça ! Il doit bien rester un souvenir, un espoir, un sourire cachés quelque part au fond de cette tête réfractaire.
Mais non.
Mon intérieur est comme cette pièce : blanc, froid, quasi-vide, sans aucune accroche pour la chaleur et le réconfort.
Et je sombre lentement dans la plus passive des résignations.

Quand je réalise qu'un tout petit bout de cellules refuse cet abandon. S'agite et proteste dans son coin. Il y aurait donc une minuscule parcelle à sauver. 
Oh oui, c'est vrai.
Je me concentre...
C'est encore assez flou, immatériel et fragile. Difficile à saisir. Telle une petite bulle légère qui volette joyeusement dans ma tête depuis quelques temps. Au contact moelleux et duveteux comme le dessert du jour. Porteuse de tant de douceur et d'espoirs que le fantôme des Noëls à venir pourrait finalement bien terrasser son triste acolyte des Noëls passés.


Bûche des îles




Une fois n'est pas coutume, la recette ne se trouve pas ici, mais chez FémininBio

Et parce que, finalement, Noël, c'est l'occasion de partager et de se tenir chaud, même à distance, je te laisse avec la très bonne playlist d'à l'écoute (c'est fou comme c'est bien d'avoir des blog-friends de talent ! :-) )

mardi 17 décembre 2013

Nouveaux cookies pour une nouvelle vie


Je n'irai pas par quatre chemins. Car, si bien souvent je joue un peu avec toi, te menant sur une piste puis une autre avant d'afficher proprement mon propos, nulle tergiversation ne sera admise aujourd'hui. L'heure est grave. 
J'ai trouvé LA recette ultime de cookie. 
Enfin, MA recette.
Car il n'y a rien de plus perso, je crois, que le cookie idéal.
Plus important non plus.
Le cookie est le dernier recours, le sauveur suprême, celui que tu appelles quand tu n'es plus capable de trouver une solution à tes problèmes, quand il ne reste plus aucun espoir.
 
Tu estimes sans doute que j'exagère. Un cookie n'est finalement rien d'autre qu'un pauvre biscuit agrémenté de quelques pépites chocolatées. De la farine, de l'eau, du sucre. Alors, d'où lui viendrait donc ce pouvoir salvateur que je me plaît à lui accorder ?
Prends donc 5 minutes de pause.
Pose ton délicat séant dans un fauteuil accueillant.
Et réfléchit avec moi.
Une journée pourrie où le boulot t'a ensevelie ? Hop, un cookie.
Un coup de mou, du style à rester au lit ? Hop, un cookie.
Il ne rappelle pas alors qu'il te l'avait promis ? Hop, un cookie.
Un coup de blues avec une amie, une fringale qui s'affermit, rien de précis, juste une envie ? Un cookie, un cookie, un cookie.
Un dimanche soir pourri, où il pleut jusqu'au bout de la nuit, avec la triste perspective du lundi, alors que ton repos dominical est déjà complètement déconstruit ?
... douze cookies !


La déprime n'est cependant pas son seul accompagnement. Cet aimable petit composite chocolaté peut également servir à célébrer de bonnes nouvelles. 

Comme l'entrée de MMTS dans la grande famille de Newmanity, le réseau social de celles et ceux qui aspirent à une société plus humaine, plus écologique et plus responsable.
Pour bien commencer l'année, Newmanity a décidé de développer une partie "cuisine" essentiellement végétarienne afin d'accompagner ses membres au quotidien.
Si tout se passe bien, je devrais donc désormais y contribuer régulièrement. 
Tu peux ainsi y retrouver cette recette à l'adresse suivante : Tombouctou chez Newmanity.

 
Cookies chocolat et noix





Pour une vingtaine de cookies environ

70 g de margarine bio (ou de beurre)
200 g de farine T65
100 g de chocolat noir grossièrement concassé
50 g de sucre roux
50 g de cerneaux de noix
3 cs de lait de soja
Battre la margarine et le sucre ensemble jusqu’à ce que le mélange blanchisse et soit bien homogène. Ajouter le lait et mélanger.

Verser la farine tamisée et mélanger de nouveau avec les doigts afin d’obtenir une pâte souple mais pas collante.
Ajouter les noix et le chocolat et bien répartir à travers la pâte.

Rouler la pâte en forme de saucisson, emballer dans du film alimentaire et laisser reposer au moins une petite heure au réfrigérateur. (Cette étape n’est pas indispensable mais facilite ensuite la découpe des biscuits).

Préchauffer le four à 180°C.

Sortir la pâte du frigo, la déballer et couper des rondelles d’un demi-centimètre.
Poser sur une feuille de papier sulfurisé et enfourner pour une vingtaine de minutes.
Sortir du four et laisser refroidir quelques minutes avant de les décoller du papier. 



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lundi 25 novembre 2013

Kamikaze


Est-ce que tu pourrais m'expliquer ce qu'il t'est passé par la tête ? 
Évidemment, sur le coup, ça t'a semblé être LA bonne idée, celle qui te permettrait de te démarquer des centaines d'autres spécimens jouant au même jeu que toi.

Alors, tu n'as pas pris ces cinq minutes de recul indispensables. Les fameuses qui font la différence entre la gloire et la déchéance.
Tu y es allé franco. Avec même une bonne dose de fierté dans le clic au moment de confirmer que, oui, oui, tu valides ta photo.

Faut dire qu'elle est particulièrement belle sous cet angle. Bien brillante, parfaitement astiquée, sans aucun défaut visible. Elle dit presque tout de toi et de tes goûts. 
Elle crie au monde la confiance que tu as dans le pouvoir séducteur de ton engin. Pour toi, nul doute n'est permis. A sa vue, la gente féminine va forcément se ruer sur toi, au comble du déchaînement, comme stimulée par les plus aphrodisiaques des phéromones.
Tu y es tellement attaché que tu n'envisages même plus que ta passion puisse choquer les yeux non aguerris.
Tu rêves de passer des heures à la câliner, quitte à avoir des cals aux mains par la suite.

Un tel attachement pourrait presque être émouvant.
Et c'est là que l'on saisit bien toute la force de la nuance présente dans la langue française.

"Presque".

Car non, ce n'est pas émouvant. Cet indéfectible engouement fait tout à la fois peur et saigner les yeux.
Car oui, tu l'as fait.

Tu as mis une photo de toi posant fièrement devant ta voiture sur Meetic !

De dépit, je suis allée noyer ma perplexité croissante (car sache que tu n'es pas le seul à agir ainsi, transformant ainsi ce sympathique site en succédané du Salon de l'Auto) dans la cuisine. Comme toujours, le résultat fut pour le moins surprenant.


Tarte aux choux de Bruxelles



Pour la pâte
120 g de farine blanche
60 g de farine de seigle
4 cs d'huile neutre
4 cs d'eau

Pour la garniture
400 g de choux de Bruxelles
50 cl de soja cuisine
de la purée de noisettes
2 grosses poignées de noisettes
de l'huile de noisettes
sel & poivre

Commencer par réaliser la pâte.
Dans un saladier, mélanger les farines, 1 pincée de sel et l'huile. Ajouter peu à peu l'eau jusqu'à ce que la pâte forme une boule.
Foncer un moule à tarte anti-adhésif ou préalablement huilé.

Préchauffer le four à 180°C.

Laver, nettoyer et émincer les choux. Concasser grossièrement les noisettes.
Tartiner le fond de la tarte avec de la purée de noisettes. Couvrir avec les choux et les noisettes.
Verser ensuite le soja cuisine puis finir avec un filet d'huile de noisettes.
Enfourner pour 35 minutes.


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